Prévention des fractures post-ménopausiques en France : des résultats inquiétants ?

  • Cortet B & al.
  • Bone

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude française, qui s’est intéressée à l’évolution des prescriptions de traitements contre l’ostéoporose post-ménopausique montre que :

  • Par rapport à 2009, il y aurait en 2016, deux fois moins de femmes sous traitement contre l’ostéoporose post-ménopausique,
  • Le profil des femmes chez qui ce traitement était initié était plus sévère en 2016 qu’en 2007,
  • En parallèle, une augmentation de la prescription de l'association calcium/vitamine D a été constatée.

Les auteurs mentionnent que ces données peuvent soulever quelques inquiétudes face à une population vieillissante.

Pourquoi est-ce important ?

L’ostéoporose constitue un problème de santé publique reconnu par l’Organisation mondiale de la santé du fait de sa prévalence élevée et des conséquences graves liées aux fractures ostéoporotiques.

Une femme sur trois âgées de 50 ans et plus subira une fracture de fragilité au cours de sa vie. La modification des modes de vie, la prévention des chutes et des traitements médicamenteux peuvent contribuer à diminuer le risque de fractures ostéoporotiques.

Si de nombreuses études ont évalué les modifications de la prise en charge pharmacologique de l’ostéoporose post-ménopausique, aucune n’a inclus un échantillon national représentatif.

Méthodologie

Cette étude transversale a été réalisée à partir des données d’un échantillon représentatif de femmes âgées entre 50 et 89 ans et bénéficiaires de l’Assurance maladie. Celle-ci a été répétée durant plusieurs années. Tous les médicaments contre l’ostéoporose commercialisés en France durant la période de l’étude ont été pris en compte : bisphosphonates seuls ou associés au calcium, modulateurs sélectifs des récepteurs aux oestrogènes (SERM), ranélate de strontium, tériparatide, dénosumab.

Principaux résultats

Cette étude permet de mesurer l’évolution des prescriptions globales de traitement contre l’ostéoporose chez les femmes ménopausées. L’âge moyen des femmes incluses chaque année était assez semblable d’une année à l’autre (68-69 ans). 

Après une légère augmentation des prescriptions entre 2007 et 2009 (de 10,2 à 10,4 prescriptions/100 patientes-années) liée à la classe des bisphosphonates en association, un plateau a été observé entre 2009 et 2010, suivi d’une diminution jusqu’en 2016 pour atteindre 5,0 prescriptions/100 patientes-années. Une légère augmentation des taux de dénosumab a été observée entre 2013 et 2016 suite à son lancement. Les taux de tériparatide sont quant à eux restés bas sur toute la période de l’étude (environ 0,8/100 patientes-années). 

Cette tendance a été associée à une diminution des prescriptions de ces traitements par tous les prescripteurs : -64% pour les médecins traitants, -37% pour les spécialistes (toutes spécialités confondues) et un peu moins pour les rhumatologues spécifiquement (-18%). En revanche, en parallèle, la prescription de calcium/vitamine D a fortement augmenté entre 2007 et 2016, passant de 10,6% à 47,7% chez les femmes de 50 à 89 ans.

Le profil même des femmes recevant les traitements contre l’ostéoporose a également évolué. L’initiation de ces traitements se fait plus tôt en 2016 qu’en 2007. En effet, 35% des initiations ont été réalisées en 2016 chez les 60- 69 ans (contre 26% en 2007), 20% chez les 50-60 ans (versus 25%) et 25% chez les 70-80 ans (versus 33%).

Les femmes qui reçoivent un premier traitement contre l’ostéoporose post-ménopausique en 2016, ont plus de comorbidités chroniques graves (34% versus 43%), d’antécédents de fractures (7,8% versus 13,3%) ou sont plus nombreuses à avoir reçu des corticoïdes à fortes doses (2,9% versus 8,4%) qu'en 2007..