Prévention des AVC en France : utilisation du rivaroxaban dans la vraie vie chez les sujets souffrant de fibrillation atriale

  • Dallongeville J & al.
  • Therapie
  • 1 déc. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

En France, 1,4% de la population serait touchée par la fibrillation atriale, et les deux tiers auraient plus de 75 ans. Dans un contexte de prévention des AVC chez ces sujets, la prescription de rivaroxaban a toute sa place. Une étude des pratiques française montre que, dans cette situation, l’utilisation inappropriée du rivaroxaban concernerait 12,5% des patients. Celle-ci serait principalement de trois types : une prescription chez des sujets ayant des antécédents de maladie vasculaire, un sous-dosage potentiel et une prescription de plus d’un anticoagulant à la date index.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Les autorités de santé françaises ont mené deux études observationnelles sur les avantages et les risques de l’utilisation du rivaroxaban en conditions réelles chez des patients qui souffraient de fibrillation atriale. Cependant ces études ne permettaient pas de décrire les utilisateurs de ces traitements, ni d’avoir une vision de l’utilisation potentiellement inappropriée, de l’observance ou de la persistance du traitement. Tous ces éléments ont été évalués par le travail présenté ici.

Méthodologie

Cette étude de cohorte a été menée à partir d’un échantillon généraliste des bénéficiaires, représentatifs de la population française. 

Tous les adultes souffrant de fibrillation atriale chez qui un traitement par rivaroxaban a été initié pour prévention de l’AVC entre le 01/08/2012 et le 31/12/2014, ont été inclus et suivis durant une année. Toute utilisation ne répondant pas au résumé des caractéristiques du produit était considérée comme une utilisation inappropriée.

Principaux résultats

Parmi les 1.278 patients inclus (53,8% d’hommes, âge moyen 73,4 ans), 9,6% avaient eu un ACV et 6,1% un saignement majeur dans les trois ans précédant l’initiation du rivaroxaban,

Le score CHADS2 moyen était de 1,9 (10,8% avaient un CHADS2 à 0, 29,8% à 1, 59,4% ≥2), et le score CHA2DS2-VASC moyen de 3,2 (3,9% avaient un score de 0, 10,9% de 1 et 85,2% ≥2).

À l’inclusion, 18,5% des sujets souffraient d’insuffisance cardiaque congestive chronique, 77,5% d’hypertension, 19,3% de diabète et 0,7% d’HIV ou d’hépatite B ou C. 

Pour 60,8% des sujets, le rivaroxaban avait été délivré en première ligne de traitement anticoagulant. Parmi l’ensemble des patients, un anti-arythmique était également délivré chez 39,6%, un béta-bloquant chez 33,9%, un antiplaquettaire chez 7,4% (aspirine dans 87,2% des cas).

Les spécialistes exerçant dans le privé étaient les principaux prescripteurs de rivaroxaban (39,2% des prescriptions initiales), devant les médecins généralistes (31,7%) et les praticiens hospitaliers (27,2%).

Au global, 58% des patients recevaient le dosage à 20 mg, 38% à 15 mg et 6% à 10 mg.

Une utilisation potentiellement inappropriée concernait 12,5% des patients. Elle était de trois types : la prescription chez des sujets ayant des antécédent de maladie vasculaire, le sous-dosage potentiel et la prescription de plus d’un anticoagulant à la date index.

Six et douze mois après la première délivrance, 62,8% et 51,7% des patients étaient toujours sous rivaroxaban. L’observance et la persistance du rivaroxaban étaient globalement bonnes. La biodisponibilité du médicament était d’au moins 80% pour 96,1% des patients. Au total, 73,5% des patients étaient toujours sous traitement à 3 mois, 62,8% à 6 mois, 55,4% à 9 mois et 51,7% à 12 mois.

Principale limitation

La principale limitation est liée à la source des données utilisées, qui ne permettait pas d’avoir accès au diagnostic en dehors des sujets en ALD. L’identification des patients atteints de fibrillation atriale et traités en prévention d’un AVC repose donc pour cette étude sur des algorithmes.