Près de la moitié des français traités annuellement par médicament à visée gastro-intestinale

  • Tuppin P & al.
  • Therap Adv Gastroenterol
  • 1 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir
L’analyse des données du Système National des Données de Santé (SNDS), qui regroupe les personnes affiliées au régime général (soit 87% de la population), montre que 45% d’entre elles ont bénéficié du remboursement d’au moins un médicament à visée gastro-intestinale en 2016, pour un montant total de 707 millions d’euros.

Selon ce travail, les principaux médicaments prescrits étaient les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP, 24%), médicaments des troubles fonctionnels intestinaux (20%) et les médicaments de la constipation (10%).

Les prescriptions variaient selon le profil des sujets : certaines catégories de médicaments étaient souvent prescrites chez les femmes enceintes, ou les sujets atteints de certaines pathologies chroniques (maladie inflammatoire chronique des intestins, insuffisance rénale chronique -IRC- ...) ou traités par certains médicaments (AINS, psychotropes...).

Au total, un usage chronique (au moins 10 prescriptions sur l’année) concernait 19% des personnes ayant eu au moins un remboursement de médicament à visée gastro-intestinale. Il s’agissait essentiellement d’IPP (19% d’entre eux), et de médicaments contre la constipation (17%) ou le RGO (11%). Dans 90% des cas, ces prescriptions émanaient des médecins généralistes. 

Le rapprochement des taux de prescriptions classe thérapeutique par classe thérapeutique, de la prévalence des pathologies concernées, permet aux auteurs de poser l’hypothèse d’un usage large de ces médicaments, probablement non conforme aux recommandations.

Précisions concernant les principales classes thérapeutiques

  • La prescription des IPP concernait globalement 24% de ces personnes (12% sans maladie chronique). Elle concernait 6% des moins de 1 an, puis augmentait avec les groupes d’âge croissant depuis les 10-17 ans (4%) jusqu’aux plus de 74 ans (46%). Leur prescription chronique concernait 19% des utilisateurs (44% des plus de 74 ans), dont 54% des personnes présentant une IRC terminale et 47% une maladie cardiovasculaire.
  • La prescription des médicaments des troubles fonctionnels intestinaux concernait globalement 20% des personnes (16% sans maladie chronique), et ne variait pas significativement selon les classes d’âge. Par ailleurs, 53% des femmes enceintes en avaient bénéficié au cours de l’année, suivis par 42% des personnes traitées par antalgiques et 38% par des personnes présentant une MICI. Leur prescription chronique concernait 7% des utilisateurs dont 20% des personnes présentant une MICI, ou une maladie neurologique ou traitées par psychotrope.
  • La prescription des médicaments de la constipation concernait globalement 10,2% des personnes (3,4% sans maladie chronique). Elle concernait 5% des moins de 1 an, puis augmentait avec les groupes d’âge croissant depuis les 18-34 ans (5%) jusqu’aux plus de 74 ans (29%). Par ailleurs, 36% des personnes présentant une MICI, 33% de celles présentant une démence ou une IRC terminale, et et 30% de celles souffrant de cancer étaient traitées par ces médicaments. Leur prescription chronique concernait 17% des utilisateurs (32% des plus de 74 ans).