Près de deux asthmatiques sévères sur 5 sont inobservants

  • Maurer C & al.
  • Rev Mal Respir

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’étude transversale FASE-CPHG, conduite par le Collège des pneumologues des hôpitaux généraux (CPHG), montre que 64,5% des 1.289 patients asthmatiques sévères adultes participants sont observants à leur traitement.

  • Les principaux facteurs favorisant l’observance - un âge plus avancé, une ancienneté plus importante de la maladie et le fait d’être traité par un anti-IgE - influencent de façon indépendante la prise régulière des traitements dans cette cohorte d’asthmatiques.

  • Il existait bien une corrélation entre le fait d’être observant et le fait d’avoir un bon contrôle de la maladie.

 

L’observance associée aux traitements chroniques, et notamment ceux de l’asthme, est réputée pour être perfectible, a fortiori dans les formes sévères, lorsque la conduite du traitement s’avère plus complexe. Si beaucoup d’études ont été conduites sur le sujet, peu ont été consacrées en France aux asthmatiques sévères, pour lesquels l’enjeu lié au traitement est particulièrement prégnant. Aussi, le CPHG a souhaité  mener une étude auprès des services de pneumologie des hôpitaux généraux.

Méthodologie

Entre 2016 et 2017, des patients ont été recrutés au sein des 104 services participants. Ils devaient être adultes et souffrir d’un asthme sévère (traitement de palier 4 ou 5 selon les recommandations GINA 2016). Le médecin remplissait un questionnaire relatif aux patients qui lui-même devait remplir trois auto-questionnaires sur le contrôle de l’asthme (ACT), sur l’anxiété et la dépression (HADS) et sur l’observance (MMAS, 4 questions fermées, conduisant à un score de 0 à 4 croissant avec l’observance). Ont été considérés comme observants ceux qui avaient le score maximal.

Principaux résultats

Au total, 1.289 patients ont été recrutés et ont rempli les questionnaires (54 ans en moyenne, 63% de femmes, 12% de fumeurs actifs, 30% d’obésité morbide, 66% d’allergiques). Ils étaient deux tiers à déclarer avoir un retentissement fonctionnel respiratoire.

En moyenne, les patients prenaient 2,4 médicaments anti-asthmatiques, principalement une association fixe LABA-CSI (91,6%, avec 45,1% et 18,9% des patients ayant une posologie entre 1000 et 2000 µg/j ou >2000 µg/j respectivement).

Au total, 64,8% des patients étaient parfaitement observants à leur traitement. Dans 71% des cas, ils disaient oublier ponctuellement une prise, mais ils étaient aussi 51,1% à dire arrêter la prise lorsqu’ils se sentaient mieux.

Ils étaient 71% à avoir un asthme non contrôlé selon les recommandations. Il existait une très bonne corrélation entre l’observance et le contrôle de la maladie.

Selon l’analyse multivariée, ce sont les patients traités par anti-IgE (1,65 [1,17-2,33]), les plus âgés (OR 1,54 [1,16-2,05]) et ceux dont l’asthme était le plus ancien (1,01 [1,00-1,02]) qui étaient les plus observants.

Cette information suggère que l’évaluation de l’observance devrait être régulièrement réalisée au cours des consultations et faire l’objet d’une information spécifique, notamment pour les patients les plus jeunes et ceux ayant un diagnostic plus récent.