Près de 50% des médecins français seraient concernés par le burnout !

  • Kansoun Z & al.
  • J Affect Disord
  • 1 mars 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Le burnout, est un épuisement physique et mental qui touche particulièrement les professionnels qui aident les autres. Le burnout serait 2 à 3 fois plus fréquent au sein de la profession médicale que dans les autres. Or, il impacte bien évidemment la qualité de vie des individus concernés (avec un risque accru de dépression, de suicide, de maladies cardiovasculaires et d’abus de substances illicites ou d’alcool) mais également la prise en charge médicale elle-même. Les résultats de cette méta-analyse portant sur 37 études (15.183 individus) montrent qu’environ la moitié des médecins français présenteraient des symptômes de burnout, et 5% environ un burnout sévère.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Face à des données de la littérature parfois contradictoires, il était intéressant de faire le point à partir de l’ensemble des données disponibles ayant évalué le burnout des médecins sur une même période et selon des critères comparables.

Méthodologie

Cette méta-analyse a sélectionné des études publiées entre 2000 et 2017 qui avaient toutes étudié le burnout de manière homogène en utilisant le MBI (Maslow Burnout Inventory), version originale du test d’inventaire de Burn Out de Maslach et Jackson. Le focus était fait sur trois dimensions : le sentiment d’épuisement émotionnel, la déshumanisation et le faible accomplissement personnel au travail. Le burnout était défini par au moins un score anormal pour l’une des trois dimensions et un burnout sévère par l’association d’un score d’épuisement émotionnel ≥27, un score de deshumanisation ≥10 et un score d’accomplissement personnel ≤33.

Principaux résultats

Au total, 37 études ont été incluses dans cette méta-analyse.

  • La prévalence moyenne du burnout (calculée à partir des données de 9.667 médecins) a été estimée à 49% sans différence significative entre les spécialités évaluées : 48% pour les médecins généralistes, 52% pour les internes, 44% pour les anesthésistes et 57% pour les médecins urgentistes. 
  • Les médecins urgentistes seraient ceux qui auraient la plus forte prévalence de burnout sévère (12% versus 5% pour les médecins généralistes). Le sentiment de dépersonnalisation semblait particulièrement prévalent au sein de cette profession : 43% des médecins urgentistes seraient concernés versus 29% en moyenne pour l’ensemble des médecins évalués, et plus spécifiquement 34% des internes, 27% des médecins généralistes et 18% des anesthésistes.
  • Les médecins généralistes subiraient le plus fort taux d’épuisement émotionnel (score ≥27) : 24% des MG l’auraient évoqué dans ces études versus 21% pour l’ensemble des médecins évalués, et plus spécifiquement 22% des médecins urgentistes, 16% des internes et 13% des anesthésistes.
  • Les internes, eux, seraient les plus concernés par un faible taux d’accomplissement personnel au travail : 36% d’entre eux seraient concernés versus 29% pour la population globale, 32% des médecins urgentistes, 28% des anesthésistes et 25% des médecins généralistes.

Principales limitations

La méthodologie des études incluses était hétérogène et de nombreuses études se sont focalisées sur une seule région ou une spécialité médicale en particulier. D’où la difficulté de généraliser ces résultats.