Près d’un généraliste sur deux refuse de nouveaux patients en tant que médecin traitant


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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En juin dernier, des bénévoles de l’association UFC-Que Choisir ont contacté anonymement par téléphone 2.770 médecins généralistes répartis sur tout le territoire pour savoir s’ils acceptaient de nouveaux patients en tant que médecins traitants. Globalement, 44% des praticiens interrogés ont répondu par la négative et 9% ont déclaré qu’ils souhaitaient voir le patient concerné avant de décider. 

Les résultats étaient très disparates selon les départements. Ainsi, moins de 20 % des généralistes refusaient de nouveaux patients dans le Bas-Rhin, la Meurthe-et-Moselle et les Pyrénées-Atlantiques, mais le taux de refus montait à 70 % dans l’Allier, 78 % en Charente et 86 % en Seine-et-Marne. Les motifs invoqués étaient le grand nombre de patients déjà suivis pour 71% d’entre eux et le départ prochain à la retraite pour 14% d’entre eux.

De manière a priori surprenante, les taux de refus les plus forts ne se rencontraient pas dans les déserts médicaux les plus importants, mais davantage dans la France périphérique des communes moyennes. « Ainsi, si le taux de refus est de 33 % dans les communes de moins de 3.000 habitants, et de 34 % dans les communes de plus de 100.000 personnes, il grimpe à 52 % dans les villes de 10.000 à 100.000 habitants. » L’enquête s’est également intéressée à la densité médicale, définie comme insuffisante quand l’offre de médecins généralistes disponibles à moins de 30 km du domicile est inférieure d’au moins 30% à la moyenne nationale. Or dans cette situation, le taux de refus était moindre (39%) que dans les territoires où la densité médicale est dans la moyenne (46%).

Pour l’association, « tout se passe comme si les médecins présents dans les zones rurales, sachant que les usagers sont privés d’alternative, avaient davantage de réticence à refuser des patients, pour ne pas les laisser démunis. À l’inverse, dans les déserts médicaux des villes moyennes, la présence de confrères, bien qu’en nombre insuffisant pour répondre aux besoins de la population, semble déculpabiliser les praticiens, qui refusent plus largement de nouveaux patients. »

L’association rappelle que l’absence de médecin traitant expose les patients à « une forte pénalisation de leurs remboursements de soins ». Elle fait état d’un rapport des délégués nationaux à l’accès aux soins, publié par l’Assurance maladie, affirmant que « près d’un Français sur dix n’a pas de médecin traitant déclaré. » Elle conclut par trois propositions : instaurer un conventionnement territorial des médecins dans la future loi contre la désertification médicale et pour la prévention, mettre fin à la pénalisation financière des usagers sans médecin traitant et organiser un système de désignation de médecin traitant à tout usager en faisant la demande.