Préparation au risque épidémique de Covid-19 : prise en charge d’un cas suspect


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Depuis le 21 février, la vigilance vis-à-vis du risque d’infection par le SARS-CoV-2  est  encore monté e  d’un cran du fait de la présence de foyers épidémiques en Italie du Nord. Mardi 25 février, deux nouveaux cas ont d’ailleurs été confirmés en France : l’un concernant u ne jeune femme chinoise rentrée le 7 février de Chine  et présentant un  tableau clinique rassurant,  avec un test indiquant  une infection récemment guérie,  le second concernant  un homme ayant séjourné en Lombardie et hospitalisé  dans l’est de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Ainsi, 14 cas ont été diagnostiqués sur le territoire français depuis le début de l'épidémie, dont 11 sont guéris et un est décédé.

Face au risque épidémique, le ministère des solidarités et de la santé a publié un guide méthodologique destiné aux professionnels et structures de santé décrivant la stratégie mise en œuvre face au risque épidémique lié au coronavirus SARS-CoV-2. Pour l’heure, la stratégie repose sur une approche d’endiguement, en l’absence de circulation active du virus sur le territoire. Le guide méthodologique décline les principes établis par la mission nationale COREB (Coordination Opérationnelle Risque épidémique et biologique) dans la procédure générique standardisée de prise en charge par les médecins de première ligne des patients suspects d’infections à risque épidémique et biologique (REB), adapté au risque spécifique de l’infection au SARS-CoV-2. De façon opérationnelle, le guide décrit les points qui doivent être successivement mis en œuvre face à un cas suspect ou possible.

Dépister

Les patients suspects doivent être orientés en priorité vers les services dédiés par un circuit d’accueil court, en lien avec le Samu-Centre 15. Au sein des établissement, ils doivent être repérés et pris en charge le plus précocement possible, après interrogatoire et examen clinique, au sein d’un espace dédié, distinct de l’accueil des urgences.

Dans son point de situation du 25 février,  Jérô me Salomon, directeur général de la santé a indiqué un  renforcement de la capacité de prélèvement biologique en ambulatoire avec la mise en place prochaine d’équipes mobilisées à domicile évitant  ainsi   les hospitalisations et les transports sanitaires.

Repérage, détection précoce et modalités de classement

La détection d’un patient « suspect » doit s’appuyer notamment sur la méthodologie décrite dans la fiche radar COREB, en utilisant la définition de cas établie et actualisée régulièrement par Santé publique France. Son classement en cas possible motive son orientation vers un établissement habilité Covid-19, les cas exclus étant pris en charge par le circuit de soins habituels. Il faut conseiller à un cas suspect provenant d’une zone d’exposition à risque et à ceux présentant un tableau peu symptomatique ou associé à des signes atypiques (digestifs notamment) de rester à domicile le temps de préciser son classement.

Dès qu’un « cas possible » est établi, le médecin informe l’infectiologue référent REB ou le correspondant assurant l’infectiologie dans l’établissement de santé, le SAMU Centre 15 ainsi que l’ARS.

Mesures d’isolement

L’isolement du « cas possible » doit être immédiate (chambre individuelle fermée, box de consultation fermée, salle d’attente séparée…) et les systèmes de ventilation/climatisation du local stoppés (ou placés en pression négative).

Mesures d’hygiène

Outre les précautions standards, les soignants mobilisés autour d’un « cas possible » ou «cas confirmé» doivent suivre les recommandation suivantes : port d’un masque FFP2 en vérifiant son étanchéité après placement au visage (réalisation d’un fit check) avant d’entrer dans le local où séjourne le patient, surblouse à usage unique et manches longues, avec protection plastique en cas de soins mouillants ou souillants, port de lunettes de protection, port d’une protection complète de la chevelure, friction hydroalcoolique avant et après les soins, port de gants à usage unique en cas de contact ou de risque de contact avec le sang, les liquides biologiques, une muqueuse ou la peau lésée du patient.

L'élimination des équipements à usage unique en DASRI se fait avant la sortie du local, le retrait des lunettes, masque et coiffe après la sortie.

La F2H propose une vidéo résumant les gestes en entrée et sortie de chambre (réalisée à l’époque du MERS) ainsi qu’une procédure de vérification d’étanchéité des masques une fois en place.

Le patient doit réaliser une friction hydroalcoolique puis revêtir un masque chirurgical durant les soins.

La désinfection des dispositifs médicaux non dédiés doit être faite dès leur sortie du local avec les produits habituels, ainsi que le linge et la vaisselle. Une désinfection a minima quotidienne du local est nécessaire.

Le nombre des professionnels en charge de la prise en charge d’un patient Covid-19 doit être limité au strict minimum. Un professionnel de santé exposé à un cas index en l’absence de mesures de protection ou de rupture accidentelle des matériels de protection est considéré comme à risque modéré ou élevé et doit être placé en isolement à domicile durant 14 jours avec suivi. Il bénéficiera d’une compensation liée à sa perte d’activité.

Quid des personnes contacts ?

S anté publique France a défini trois niveaux concerna nt le risque lié aux personnes contacts d’un cas confirmé :

- personnes à risque modéré/élevé : partage d’un  même lieu de vie que le patient cas index lorsque celui-ci présentait des symptômes, par exemple famille, même chambre ou ayant eu un contact direct, en face à face, à moins d’1 mètre du cas possible ou confirmé au moment d’une toux, d’un éternuement ou lors d’une discussion ; flirt ; amis intimes ; voisins de classe ou de bureau ; voisins du cas index dans un avion ou un train, en l’absence de mesures de protection efficaces.

Elles doivent bénéficier d’un isolement à domicile durant les 14 jours suivant le dernier contact avec le patient, éviter les contacts avec l’entourage ou, à défaut, porter un masque chirurgical, surveiller l’apparition de symptômes pendant les 14 jours suivants le dernier contact à risque avec le cas (prise de température deux fois par jour, surveillance de symptômes d’infection respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoires, …) justifiant, le cas échéant, une prise de contact immédiat avec la cellule régionale de suivi (Cire) et une prise en charge. Les autorités sanitaires assurent un suivi téléphonique quotidien auprès de la personne.

- personnes contacts à risque faible : contact ponctuel étroit et/ou prolongé avec un patient cas index dans un lieu public ou dans la sphère privée et ne correspondant pas aux critères de risque modéré/élevé.

Elles doivent surveiller l’apparition de symptômes pendant les 14 jours suivant le dernier contact à risque avec le cas (prise de température deux fois par jour, surveillance de symptômes d’infection respiratoire (fièvre, toux, difficultés respiratoires, …) justifiant, le cas échéant, le port d’un masque et un isolement ainsi qu’une prise de contact immédiat avec la cellule régionale de suivi (Cire).

- personnes contacts à risque négligeable : contact ponctuel avec un patient cas index à l’occasion de la fréquentation de lieux publics.  Ces personnes ne nécessitent aucune mesure particulière.

Une fiche d'information a été établie par Santé Publique France pour informer les personnes contacts et d'un questionnaire pour l’évaluation des personnes contacts en milieu non hospitalier ou hospitalier.