Préparation au risque épidémique de Covid-19 : mobilisation des libéraux et des établissement non habilités


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Avec 20 nouveaux cas confirmés, le nombre de personnes infectées par le SARS-CoV-2 a plus que doublé dans les 24 dernières heures en France. Le bilan global est ainsi de 38 cas confirmés, dont 12 guérisons et 2 décès, l’un ayant eu lieu dans la nuit de mercredi à jeudi. Les 24 autres cas sont tous hospitalisés, dont 20 ont été diagnostiqués hier. Ils se répartissent entre : 

  • trois cas isolés, 2 hospitalisés à l’hôpital Bichat (Paris), et 1 à Montpellier, tous trois revenant d’un voyage en Italie,

  • deux nouveaux contacts familiaux du couple hospitalisé à Annecy, aucun n’inspirant d’inquiétude,

  • 12 cas contacts liés aux deux patients originaires de l’Oise (l’un décédé hier à Paris, le second en réanimation à Amiens): ils ont été hospitalisés à proximité de leur lieu de séjour, à savoir Nantes, Lille, Dijon, Saint-Mendé (hôpital militaire), Compiègne et Paris. Parmi eux, deux sont dans un état grave. L’identification des cas contacts se poursuit autour de ces deux cas,

  • Trois cas posés suite à l’ élargissement de la définition des cas possibles , décidé hier par Santé Publique France, aux personnes présentant des signes de détresse respiratoire aiguë sans étiologie identifiée, sans notion de voyage ou séjour dans une zone d’exposition à risque ou un contact étroit avec un cas confirmé : ainsi 2 ont été identifiés, l’un à Brest, l’autre à Dijon, tous deux revenant d’un voyage organisé en Egypte, le troisième étant hospitalisé à Lyon.

Si le bilan s’est alourdi, la France n’est pas à un stade de circulation active du virus. Les recommandations de prise en charge restent les mêmes : le Samu-centre 15 constitue le premier recours pour prendre en charge les cas suspects. Cependant, les médecins généralistes et les pharmaciens officinaux peuvent être en première ligne quant à l’accueil de ces sujets. Aussi le  guide méthodologique  émis par le ministère de la santé le 20 février pour aider l’ensemble des professionnels et structures de soins à se préparer en précise les principes à respecter. Par ailleurs, en cas d’épidémie avérée sur le territoire, les autres professionnels de santé, les établissements non habilités et les structures médico-sociales seront mobilisés.

En cas d’accueil d’un patient suspect en médecine de ville

Si un patient présentant des symptômes respiratoires et notamment une toux doit normalement porter un masque chirurgical et procéder à des frictions hydroalcooliques en milieu de soins, cette recommandation est impérative en cas de suspicion d’infection à Covid-19. Le médecin doit isoler le patient et se protéger. Il évoque le diagnostic au vu des symptômes cliniques et des expositions à risque dans les 14 jours ( questionnaire établi  par Santé Publique France et  fiche synthétique Radar  du COREB). Il peut se faire aider de l’expertise collégiale du Samu-Centre 15.

Si le cas est considéré comme possible, le Samu-Centre 15 se charge du transfert du patient vers l’établissement habilité. Les personnes présentes dans la salle d’attente avec le patient doivent être recensées et faire l’objet d’une évaluation du risque d’exposition (prise en charge des personnes contacts). Le médecin fait également l’objet de cette évaluation. S’il est nécessaire de le placer en quatorzaine suite à un contact avec un cas, il bénéficiera d’une compensation financière, a assuré le ministre de la santé Olivier Véran en début de semaine.

Pharmaciens et officines en première ligne

Afin que les professionnels de santé puisse se protéger efficacement, le ministère de la santé a débloqué 15 millions de masques de haute protection de la réserve nationale à destination des professionnels de santé (libéraux, hospitaliers, transports sanitaires, SMUR...) et des personnes à risque (zones d’exposition et personnes contacts). Le ministre de la santé a, à ce propos, échangé avec  Carine Wolf-Thal,  la présidente du conseil de l’ordre des pharmaciens, afin de s’aider du maillage territorial des officines pour simplifier la distribution auprès des professionnels libéraux. Le conseil de l’ordre précise  sur son site  que ces masques «  seront mis à disposition par les grossistes-répartiteurs dans les officines dans le courant de la semaine prochaine  » et qu’ils seront remis aux professionnels de santé sur présentation d'un bon de l'assurance maladie.

Par ailleurs, les pharmaciens peuvent aussi être confrontés à la présentation spontanée d’un cas suspect à l’officine. Dans ce cas, ils doivent favoriser l’isolement de la personne vis-à-vis de la patientèle et alerter le Samu-Centre 15. Un recensement des personnes présentes sera également nécessaire en cas de confirmation de l’infection.

Paramédicaux et établissements non habilités  face à l’épidémie

Si la France passe en phase de transmission active du virus sur son territoire ( phase 3 ), un renforcement des interventions professionnelles participant au maintien à domicile (infirmières, masseurs-kinésithérapeutes…) et de la médicalisation des établissements médico-sociaux sera nécessaire. Une organisation entre professionnels concernés devra être mise en place.

Les établissements hospitaliers pour l’heure non habilités seront mobilisés. Ils doivent d’ores et déjà :

- recenser leurs capacités mobilisables (chambres individuelles sans air recyclé, chambres isolées en soins intensifs et réanimation, stocks d’équipements de protection individuelle, capacité d’examens biologiques…),

- identifier les moyens d’accueil d’un cas possible (pièce isolée, thermomètre sans contact ou à usage unique, protection individuelle….). Si l’établissement hospitalier ou médico-social ne dispose pas de chambre adaptée, il devra isoler le patient dans une chambre à ventilation suffisante séparée au maximum des autres zones d’accueil et de soins, en vue du transfert vers un établissement habilité,

- établir des procédures (habillage/déshabillage, décontamination des locaux et surfaces, gestion des déchets, affichage et signalétique…),

Les prélèvements biologiques pour confirmation d’infection au SARS-CoV-2 doivent être envoyés vers un laboratoire habilité (LSB3 ou à défaut LSB2 d’un établissement habilité), à moins qu’une équipe projetée ne soit envoyée sur place (en cas de cluster).

Un cas classé « possible » doit faire l’objet d’un signalement à l’infectiologue référent, l’équipe d’hygiène hospitalière, au directeur et à l’ARS. Il faut organiser le transfert du patient vers un établissement habilité via le Samu-Centre 15, éviter la multiplication des soignants auprès du patient et ne réaliser de prélèvement biologique qu’en cas d’absolue nécessité. Enfin, l’identification des personnes contacts et l’information du patient doivent être menées.

Informations pour les cas possibles, les personnes contacts et le grand public

- Numéro Vert pour toutes les questions générales relatives au coronavirus : 0800 130 000.

- Appel au Samu-Centre 15 en cas de symptômes

Informations  pour les enseignants

Fiche d’information  pour les personnes contacts

Questionnaire  pour l’évaluation des personnes contacts en milieu non hospitalier