PrEP : la délicate question de l’adhésion


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Suivre une prophylaxie pré-exposition (PrEP) afin de prévenir le risque d’infection par le VIH revêt une signification et une implication sociale particulière que les praticiens et les équipes médicales doivent accompagner.
  • L’antagonisme entre un schéma de traitement prophylactique et la réalité d’une vie sexuelle non planifiée induit des stratégies d’adaptation de la part des sujets.
  • Le sentiment de stigmatisation perdure.


 

La PrEP permet de prévenir le risque de contamination par le VIH chez les personnes présentant un haut risque d’infection. Elle impose une prise médicamenteuse 2 à 24 heures avant l’acte sexuel à risque, suivi de deux prises à 24 et 48 heures après. Mais est-il difficile d’implémenter ce traitement prophylactique dans la vie quotidienne? L’essai ANRS-IPERGAY qui a permis de décrire l’efficacité de la PrEP comportait des temps d’entretiens collectifs et des groupes de discussion permettant aux participants d’échanger et d’évoquer leurs difficultés face à cette pratique. Une analyse qualitative des propos de 83 participants a été réalisée et publiée dans Psychology, Health & Medicine .

Perception de la PrEP

L’une des difficultés récurrentes évoquées par les participants est de respecter le schéma de prise médicamenteuse imposée par la PrEP, du fait de difficultés pratiques d’organisation mais souvent également, du fait de l’impossibilité de planifier ses relations sexuelles. Ainsi, certains évoquent le fait de prendre le traitement immédiatement avant. Une minorité choisit de l’intégrer comme un traitement chronique, et la prise devient un geste quotidien à heure régulière.

Si les participants ont conscience du bénéfice apporté par l’approche prophylactique, certains émettent des préoccupations concernant le fait de prendre un traitement régulier, en l’absence de maladie (pharmaceuticalisation, surconsommation, dépendance…).

Intégrer la PrEP dans son quotidien

L’utilisation d’un carnet de suivi, imposée dans l’essai, n’était pas toujours adaptée à leur mode de fonctionnement, les conduisant à développer leurs propres outils ou à utiliser ceux auxquels ils étaient habitués. Plus important, l’utilisation de la PrEP a projeté une population non malade dans un statut nouveau, une nouvelle identité dans laquelle le sentiment de honte ou de stigmatisation pouvait émerger. Certains se sont trouvés dans l’incapacité d’assumer socialement ce geste et ont développé des stratégies d’adaptation pour prendre le traitement.

Ces différentes notions sont autant d’éléments à prendre en considération par les équipes pour mieux accompagner les personnes débutant une PrEP.