Premiers résultats de l’étude KAMILLA : efficacité et tolérance du trastuzumab emtansine (T-DM1)

  • Eur J Cancer

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Que sait-on déjà sur le sujet ?

Le trastuzumab emtansine (Kadcyla®) est un anticorps ciblant le récepteur HER2 couplé à un cytotoxique. Il est indiqué en monothérapie, chez la femme atteinte de cancer du sein HER2 positif métastatique ou localement avancé non résécable. Ce traitement a déjà fait les preuves de son efficacité et de sa tolérance à travers les études EMILIA, TH3RESA et MARIANNE. 

Qu’apporte cette étude ?

Contrairement aux précédentes études, KAMILLA a été modélisée pour avoir en objectif principal l’évaluation de l’efficacité et de la tolérance du trastuzumab emtansine (T-DM1). Cette étude est la plus large étude ayant évalué le T-DM1. Il s’agit d‘une étude internationale de phase IIIb, simple bras, menée en ouvert auprès de patientes présentant un cancer du sein HER2 positif avancé, en progression après un premier traitement par anti-HER2 et une chimiothérapie, ou en progression sous thérapie adjuvante ou dans les 6 mois suivants son arrêt. Au total, 2.002 femmes (âge médian 55 ans, 18,6% ≥65 ans) ont reçu du trastuzumab emtansine à la dose de 3,6 mg/kg toutes les 3 semaines jusqu’à survenue d’une toxicité inacceptable, l’arrêt du traitement ou la progression de la maladie. Parmi les femmes incluses, 66% avaient déjà reçu au moins 2 lignes de traitements métastatiques et 19,9% avaient des métastases du système nerveux central à l’inclusion. 

Les principaux résultats étaient les suivants : 

  • La durée médiane d’exposition était de 5,6 mois. 
  • Seuls 4,3% des patients ont eu des interruptions de dose et 22,5% une diminution de la dose administrée.
  • Parmi les patientes qui ont arrêté le traitement (1.913), 12,6% des patientes ont interrompu le traitement pour causes d’évènements indésirables. 
  • 93,0% des participantes ont eu des effets indésirables, 37,5% des effets indésirables de grade 3 et plus sont survenus chez 37,5% des femmes traitées et ceux de grade 5 chez 2,2%. Les trois principaux évènements indésirables de grades ≥3 étaient l’anémie (3,0%), la thrombocytopénie (2,7%) et la fatigue (2,5%).
  • La survie globale médiane était de 27,2 mois [25,5-28,7] et la survie sans progression était de 6,9 mois [6,0-7,6]. Ces deux paramètres diminuaient avec l’augmentation des lignes de traitements de 31,3 à 22,5 mois pour le premier et de 8,3 à 5,6 mois pour le second, avant le traitement par T-DM1 (0 ou 1 versus plus de 4 lignes de traitements).

Ces résultats tout à fait cohérents avec ceux des précédentes études randomisées confirment les données de tolérance et d’efficacité du T-DM1. 

Principales limitations

Il s’agit d’une étude non randomisée et sans bras contrôle. 

Financements

Étude financée par F. Hoffmann-La Roche Ltd.