Première méta-analyse consacrée à la gestion de l’antibiothérapie par la CRP

  • Petel D & al.
  • BMJ Open
  • 22 déc. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

La première méta-analyse parue sur le sujet confirme que le dosage de la CRP peut être pertinent dans deux situations : l’initiation de l’antibiothérapie des patients adultes ambulatoires et le maintien de l’antibiothérapie chez le nouveau-né. L’utilisation de ce critère dans l’initiation ou le maintien de l’antibiothérapie n’apparaît pas associé à un risque de mortalité ou de rechute de l’infection. Les données sur le sujet restent néanmoins encore insuffisantes, notamment parmi la population pédiatrique, et justifieraient de nouveaux travaux.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La CRP est une protéine de la phase aiguë de l’inflammation dont le dosage a fait l’objet de nombreuses études visant à déterminer son utilité pour l’initiation ou le maintien de l’antibiothérapie. Cependant, leurs résultats sont contradictoires. Des chercheurs canadiens ont souhaité compiler ces données dans une méta-analyse.

Méthodologie

La méta-analyse a été basée sur une recherche bibliographique d’études parues jusqu’en juillet 2017 : elle a inclus toutes les études cliniques randomisées et quasi-randomisées et les études de cohorte rétrospectives ou prospectives consacrées à des populations néonatales (

Résultats

  • Sur les 15 études incluses, 10 étaient des études cliniques randomisées, 1 était une étude quasi-randomisée, 4 étaient des études de cohorte, dont 2 étaient rétrospectives et 2 prospectives. La plupart des études cliniques randomisées présentaient un faible risque de biais, tandis que les études de cohorte avaient un risque de biais modéré à grave.

  • Au total, 8 ont utilisé la CRP pour guider l’initiation des antibiotiques (dont 75% de sujets adultes, qui présentaient une infection des voies respiratoires) : les seuils utilisés étaient de 100 mg/L (prescription). L’antibiothérapie était laissée à la décision du médecin pour les valeurs intermédiaires. La méta-analyse montre que la CRP a permis de réduire de 7% l’initiation de l’antibiothérapie chez l’adulte [-10% à -4%] (I2 = 38%) et chez le nouveau-né [-11 à -2%]. Aucune différence significative n’était observée dans la population pédiatrique.

  • Par ailleurs, 7 études portaient sur la durée de l’antibiothérapie (42% de nouveaux-nés atteints de sepsis) : les seuils utilisés pour arrêter les antibiotiques étaient compris entre 10 et 25 mg/L. Chez le nouveau-né, la différence moyenne standardisée du nombre de jours d’antibiotiques était de -1,45 jour [-2,61 à -0,28] et de -1,15 jour [-2,06 à -0,24] dans les études randomisées et de cohorte respectivement. Chez l’adulte, ces chiffres étaient de -0,25 [-0,66 à 0,16] et de -1,10 [-1,74 à -0,47]. Aucune donnée n’était disponible chez l’enfant.

  • Aucune différence n’a été observée dans les populations adultes ou néonatales concernant la mortalité ou la récidive infectieuse selon le recours au dosage de la CRP. Les données n’étaient pas disponibles dans la population pédiatrique.