Première étude française sur l’incidence des évènements indésirables associés à la prise en charge en Ehpad

  • Teigné D & al.
  • Geriatr Psychol Neuropsychiatr Vieil
  • 1 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon les résultats de l’étude EHPAGE, 13,9 évènements indésirables associés aux soins (EIAS) surviendraient pour 100 résident-semaines, toutes gravités confondues, dans les établissements pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) participantes, ainsi que 0,4 EIAS grave pour 100 résident-semaines.

Transposées annuellement, ces données permettent notamment aux auteurs d’estimer qu’un Ehpad accueillant 80 résidents pourrait recenser annuellement 15,5 EIAS graves (niveau 4) et 11,6 évènements appartenant au domaine de risque du suicide. Les évènements liés aux médicaments/dispositifs médicaux ou à l’alimentation seraient, eux, au nombre de 120,3 et 50,4.

Ce travail, qui est le premier à s’intéresser spécifiquement aux Ehpad, permet de mettre en évidence les risques particuliers auxquels les patients et médecins sont confrontés quotidiennement. Il s’inscrit dans l’essor de la problématique de gestion des risques en Ehpad qui a lieu depuis plusieurs années. Il montre d’ailleurs l’ampleur de la sous-notification des évènements indésirables, liée principalement à une acculturation encore incomplète et un manque de temps de la part des professionnels des établissements.

Évènements déclarés puis récupérés

EHPAGE (gestion des évènements indésirables en Ehpad) est un projet de recherche financé par la DGOS entre 2015 et 2017. Il a été conduit après tirage au sort de 10 établissements inscrits dans un dispositif d’accompagnement de la mise en place d’un système de gestion des risques dans lequel 3 interventions (sensibilisation, structuration d’un système de signalement, analyse des évènements) avaient été organisées. Les professionnels de ces Ehpad ont été invités à déclarer exhaustivement les EIAS (nature, gravité) survenus dans leur établissement durant 15 jours consécutifs. Ensuite, un enquêteur a été reçu par 8 de ces structures qui étaient volontaires : il y a mené des entretiens avec les équipes afin de recenser les évènements survenus et non déclarés. L’analyse des EIAS a été menée après catégorisation selon 13 domaines de risque définis dans la littérature*.

Les soins et médicaments ne sont pas les seuls domaines à risque

  • Les 10 établissements étaient situés en Loire-Atlantique et en Vendée et tous les statuts juridiques étaient représentés.
  • Au total, 56 EIAS ont été déclarés par les professionnels des établissements et 93 ont été identifiés et récupérés par l’enquêteur, soit un total de 149 évènements survenus dans une cohorte de 536 résidents suivis, dont 62,4% récupérés a posteriori . Les quatre principaux domaines de risque concernaient les ‘médicaments et dispositifs médicaux’ (n=31), puis, les domaines ‘lieu de vie’, ’soins techniques et d’accompagnement’ puis ‘coordination et organisation des soins’ (n=21,20 et 18 respectivement). Enfin, 3 EIAS concernaient le domaine de risque ‘suicide’.
  • Au total, 4 EIAS de niveau 4 (grave) ont été recensés dans les domaines de risque ‘chutes’ et ‘soins techniques et d’accompagnement’, dont deux ont été recensés a posteriori par l’enquêteur. Aucun décès n’a été déploré suite à ces évènements. Par ailleurs, 16 étaient classifiés en niveau 3. Ainsi, le taux d’incidence des EIAS de gravité importante (3 et 4) était de 1,9 pour 100 résident-semaines.

Financement

L'étude a été financée par la DGOS.

 

* domaines de risque : 'médicaments et dispositifs médicaux’, ‘lieu de vie’, ’soins techniques et d’accompagnement’, ‘coordination et organisation des soins’, 'alimentation', 'linge', 'citoyenneté',identitovigilance', 'dossier du résident', 'infection et épidémie', 'information du résident', 'chute', ‘suicide’.