Première enquête nationale française sur la dénutrition en centre d’hémodialyse

  • Bataille S & al.
  • Nephrol Ther
  • 30 avr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Au total, 91,8% des centres lourds d’hémodialyse français respectent les recommandations de dépistage a minima trimestriel de la dénutrition chez les personnes hémodialysées, selon la première enquête nationale menée sur la question, et dont les résultats ont été publiés dans Néphrologie & Thérapeutique . Les outils de dépistage utilisés montrent la prédominance des paramètres biologiques sur les méthodes s’appuyant sur un appareillage (bio-impédancemétrie) ou un temps de réalisation (enquêtes diététiques, tests fonctionnels) importants.

En termes de prise en charge, les compléments nutritionnels oraux (CNO) sont largement présents dans les pratiques, à domicile comme durant les séances. Le recours à la nutrition parentérale apparaît élevé en per-dialytique par rapport à ses motifs d’indications, tandis que la nutrition entérale à domicile semble peu implantée dans les pratiques.

Les auteurs de ce travail ont aussi souligné que la formalisation et l’incitation à l’activité physique hors des séances restent à améliorer, ainsi que le temps-diététicien par centre qui semble insuffisant pour offrir des moyens satisfaisants en termes de dépistage et de prise en charge auprès de la file active de patients.

Principaux résultats

  • L’enquête a été menée durant l’année 2017 auprès des 350 centres lourds d’hémodialyse, recevant habituellement les patients les plus fragiles à risque de dénutrition. Parmi eux, 86 ont répondu (30 centres publics, 11 centres associatifs et 45 centres privés).

  • Les centres déclaraient réaliser un dépistage de la dénutrition tous les mois au moins ou tous les 3 mois dans 55,8% et 36% des cas respectivement. Ils étaient 7% des centres à déclarer ne jamais le pratiquer, sans différence selon le type de centre. La variation du poids sur 6 mois était évaluée au moins tous les 6 mois pour 34,9% des centres, et était conduite tous les mois ou tous les 3 mois  dans 30,2% et 12,8% des centres respectivement. Le calcul de l’IMC était, lui, réalisé tous les mois ou tous les 3 mois dans 57 et 19,8% des cas. Enfin, parmi les autres paramètres préconisés habituellement, figuraient l’albuminémie (dosée tous les mois dans 59,3% des cas) et le nPNA (calculé au moins une fois par mois dans 55,8% des cas).

  • En termes de prise en charge, les centres étaient 97,7% à déclarer utiliser au moins une technique de support nutritionnel : des CNO à domicile ou durant la séance pour 100% et 89,5% d’entre eux, la nutrition parentérale per-dialytique pour 14% d’entre eux, la nutrition entérale par sonde nasogastrique ou sur sonde de gastrostomie pour 33,7% et 40,7% d’entre eux.

  • Au total, les centres étaient 14,1% à ne pas disposer de passage systématique de diététicien dans l’unité. Pour les autres, le temps de présence de ces professionnels indexé sur le nombre de patients par centre était pour environ un quart (n=23) supérieur à 2,5 jours par semaine/100 patients et pour un autre quart (n=23) compris entre 1,5 et 2 jours par semaine/100 patients.

  • Les centres proposaient une activité physique (pédalage systématiquement, kinésithérapie rarement) dans 36% des cas, mais n’en proposaient en dehors des séances que dans 12,8% des cas.