Première baisse sensible des séropositivités VIH en France


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • En 2018, 6.200 personnes ont été dépistées comme séropositives en France, soit 7% de moins qu’en 2017.
  • Tous les sous-groupes de population ne sont pas concernés, les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger et les HSH nés à l’étranger échappant à cette tendance. Ils doivent faire l’objet d’une attention particulière.
  • L’analyse des données de l’année 2019 et des suivantes permettra de savoir si cette tendance est confirmée et si elle est plus volontiers le fait d’une diminution de l’incidence du VIH ou du nombre de personnes infectées mais non diagnostiquées.

 

Selon les données du Bulletin de Santé Publique du 9 octobre 2019, le nombre de découvertes de séropositivité VIH a diminué en France après plusieurs années de stabilité, passant de 6.600 cas en 2017 à à 6.200 cas en 2018 (-7%, p=0,04). Les femmes représentent actuellement 35% des personnes diagnostiquées, et 23% des diagnostics concernent les 50 ans et plus. Le mode de contamination principal reste les rapports hétérosexuels (56%), même si les hommes infectés le sont principalement (61%) par le biais de rapport avec d’autres hommes (HSH). La proportion des sujets nés à l’étranger parmi les personnes diagnostiquées reste élevée (56%).

Par ailleurs, la part des diagnostics précoces (25%) et des diagnostics tardifs (29%) n’a pas changé depuis 2013. Aussi, 1.700 personnes ont découvert leur séropositivité au stade sida ou à un taux de CD4 inférieur à 200 par millilitre de sang.

Une évolution timide, à confirmer

Cet état des lieux est globalement encourageant et conforte la même observation faite à partir des données spécifiques à la ville de Paris au cours du mois de septembre dernier. Ceci pourrait être le fruit des effets conjugués du TASP (traitement précoce par antirétroviral, Treatment as prevention ) et de la PrEP (prophylaxie pré-exposition). Mais cette tendance n’englobe pas la totalité des sous-groupes de patients : entre 2013 et 2018, si le nombre de nouvelles séropositivités a diminué chez les hommes nés en France, indépendamment de leur mode de contamination (-16 à -22%), ainsi que chez les usagers de drogues injectables (-27%), il est resté stable chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger et a même augmenté chez les HSH nés à l’étranger ( +38%). On note aussi que les HSH nés en France de 50 ans et plus échappent au phénomène, avec un nombre croissant de contaminations diagnostiquées. Enfin, le nombre de personnes diagnostiquées avec une charge virale élevée, et donc plus à risque de transmission du virus, représentait 38% des cas, un chiffre stable par rapport à 2018.

Ces données devront être complétées dans les prochains mois afin de confirmer la baisse du nombre de nouvelles découvertes du VIH en France. Elles ne dispensent pas d’accroître les efforts d’information, de prévention, de dépistage et de traitement auprès des publics apparaissant les plus vulnérables.