Premier essai de phase 3 pour un vaccin antigrippal produit à partir de cellules végétales

  • Ward BJ & al.
  • Lancet
  • 21 oct. 2020

  • Par Agnès Lara
  • Actualités Médicales
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À retenir

  • Un vaccin antigrippal quadrivalent produit à partir d’un système d’amplification virale végétal a montré une efficacité durable contre les infections respiratoires et les syndromes grippaux chez les 18-64 ans. Cette efficacité était au moins similaire à celle des vaccins commercialisés au cours de l’épidémie 2017-18.
  • La non-infériorité par rapport aux vaccins inactivés a été démontrée chez les 65 ans et plus pour l’épidémie grippale 2018-19.

 

La plupart des vaccins antigrippaux utilisés actuellement sont produits à partir de cellules d’embryons de poulet. Les recherches se poursuivent pour améliorer la capacité et la rapidité de production, mais aussi pour limiter les mutations susceptibles d’être induites par ces systèmes d’amplification virale qui peuvent affecter l’immunogénicité et donc l’efficacité du vaccin. Des chercheurs canadiens et finlandais ont utilisé un système d’amplification virale végétal utilisant les cellules d’une variété de plant de tabac d’origine australienne (Nicotiana benthamiana) pour produire un vaccin antigrippal quadrivalent. Ce système permet une production rapide (6 à 8 semaines) et fiable d’hémagglutinine recombinée (protéine présente à la surface du virus de la grippe) sans être dépendant de la production d’œufs. Une publication parue dans The Lancet, présente les résultats de deux essais pivots de phase 3 évaluant l’efficacité et la sécurité de ce nouveau vaccin.

Méthodologie

Dans un premier essai, le vaccin a été testé chez des sujets de 18 à 64 ans en bonne santé et dans l’autre chez des sujets de 65 ans et plus sans problème de santé aigu ni maladie évolutive. Ces deux essais ont été réalisés sur différents sites en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. Les participants de la cohorte 18-64 ans étaient randomisés pour recevoir soit le vaccin quadrivalent (30 µg/souche, n=5.077, 4 souches définies par l’OMS pour l’épidémie grippale de 2017-18), soit un placebo (n=5.083). Les 65 ans et plus recevaient le vaccin quadrivalent (n=6.396, 4 souches recommandées pour l’épidémie 2018-19) ou un vaccin quadrivalent inactivé (n=6.398).

Résultats

  • Dans l’étude sur les 18-64 ans (âge moyen 44,6 ans), l’efficacité du vaccin à prévenir les infections respiratoires causées par les 4 souches virales ciblées (35,1%) n’a pu atteindre le critère principal d’efficacité (fixé à 70%). La protection apportée était toutefois similaire à celle des vaccins commercialisés durant l’épidémie grippale de 2017-2018.
  • Chez les 65 ans ou plus (âge moyen 72,2 ans), l’analyse per protocol a montré une efficacité relative de +8,8% par rapport au vaccin inactivé, confirmant la non-infériorité de ce vaccin dans la prévention des syndromes grippaux quelle que soit la souche virale concernée. La protection vaccinale apparaissait de façon plus importante chez les plus de 75 ans.
  • Le mécanisme d’action de nouveau ce vaccin semble différent de celui des vaccins inactivés, passant à la fois par la production d’anticorps et par une immunité cellulaire médiée par les lymphocytes T CD4+, dans les deux groupes d’âge étudiés.
  • Les événements indésirables graves sont survenus avec une fréquence similaire dans le groupe vaccin quadrivalent (1,1%) et placebo (1,0%) pour la cohorte des 18-64 ans. Ils étaient un peu plus fréquents chez les 65 ans et plus, mais là aussi avec une fréquence similaire dans les groupes vaccin quadrivalent et vaccin inactivé (4,1% vs 4,2%).