Prédire la rémission d’un DT2 post-chirurgie bariatrique sur un simple dosage sanguin…

  • Carbone F & al.
  • Diabetes Metab
  • 27 sept. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Les résultats d’une étude pilote montrent qu’un taux d’ostéopontine (OPN) sérique – biomarqueur associé à l’obésité et à la résistance à l’insuline – mesuré un jour avant la chirurgie bariatrique pourrait permettre de prédire la rémission d’un diabète de type 2 (DT2) trois ans après l’acte chirurgical. Et ce, indépendamment de la durée du diabète avant l’opération et de la perte de poids atteinte 3 ans après la chirurgie. Ces résultats suggèrent que des modifications corporelles qualitatives plutôt que quantitatives pourraient favoriser la rémission d’un diabète post-chirurgie bariatrique. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La chirurgie bariatrique est une option thérapeutique proposée en cas d’obésité morbide. Des études ont montré qu’elle améliorerait également le contrôle de certains paramètres métaboliques (lipides, glycémie,…) d’où parfois l’appellation de « chirurgie métabolique ». L’association entre la chirurgie bariatrique et un meilleur contrôle glycémique pourrait être indépendante de la perte de poids, sans que l’on n’en comprenne réellement le mécanisme. Ainsi, la diminution de l’inflammation post-chirurgicale et l’amélioration des constantes métaboliques ne sont pas encore clairement établies. C’est pourquoi une équipe de chercheurs a souhaité évaluer si les variations d’OPN pouvait être un marqueur prédictif de la rémission d’un diabète de type 2.

Méthodologie

Étude observationnelle pilote portant sur des données rétrospectives. Les taux sériques d’OPN, la mesure des paramètres anthropométrique et des variables biochimiques (dont la sensibilité à l’insuline par le HOMA2) ont été mesurés à l’inclusion (le jour précédant la chirurgie bariatrique) chez 41 sujets diabétiques de type 2, puis à 1 et 3 ans de suivi.

Principaux résultats

Trois ans après la chirurgie bariatrique, 34,2% des sujets étaient en rémission de leur diabète de type 2. Parmi eux, plus de la moitié (57,1%) présentaient toujours une obésité morbide alors qu’ils n’étaient que 14,8% parmi ceux qui étaient toujours diabétiques (p=0,010).

Deux variables étaient significativement différentes entre les deux groupes : le taux circulant d’OPN qui était significativement plus élevé chez les patients en rémission de DT2 vs ceux qui ne l’étaient pas (50,97 ng/mL vs 25,98 ng/mL, p=0,009) et l’IMC qui était plus élevé dans le groupe en rémission par rapport à l’autre groupe (39,0 kg/mvs 30,7 kg/m2, p=0,002).

À trois ans, qu’ils soient toujours diabétiques ou non, tous les sujets avaient perdu du poids et présentaient une diminution significative de leur IMC, de leur pression artérielle (PAS et PAD) et de leur tour de taille par rapport à l’inclusion. La rémission du DT2, était associée à une amélioration à 3 ans des profils lipidiques et glucidiques (glycémie à jeun, insulinémie, HbA1c) par rapport à l’inclusion. Les sujets ayant atteint la rémission avaient des taux de glycémie et d’HbA1c plus faibles que ceux n’ayant  pas obtenu de rémission (p

Toutes les autres variables - sexe, comorbidités cardiovasculaires, traitements pharmacologiques, type de chirurgie bariatrique - étaient similaires entre les deux groupes à l’issue du suivi. Chez tous les patients (en rémission de DT2 ou non) les taux d’OPN à l’inclusion étaient significativement corrélés avec la réduction du poids et de l’IMC dans le temps. La sensibilité à l’insuline était également améliorée dans le temps. Cependant, après analyse par régression linéaire, seul l’HOMA2-%S restait indépendamment associé au taux sérique d’OPN (p=0,010). Ainsi, le taux sérique d’OPN à l’inclusion pourrait être prédictif de la rémission à trois ans du diabète, indépendamment de la perte de poids, de la diminution de l’IMC ou de la durée du diabète (p=0,033).

Principales limitations

Étude pilote dont les résultats nécessitent d’être confirmés par des essais de plus grande envergure.