PR : quid des différences de risque infectieux entre les associations de DMARD conventionnels et biologiques ?

  • Kang EH & al.
  • Arthritis Care Res (Hoboken)
  • 3 août 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

  • L’association méthotrexate (MTX) - anti-TNF et la trithérapie méthotrexate- hydrochloroquine- sulfalazine (MTX-HCQ-SSZ) ne présenteraient pas plus de risque d’infections graves l’une que l’autre.
  • Il n’y aurait pas de différence de risque d’infection bactérienne ou herpétique entre ces deux stratégies thérapeutiques.
  • Ces données issues d’une étude en vraie vie mériteraient d’être confirmés du fait du faible nombre de patients inclus dans le groupe trithérapie.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Cette étude menée en vraie vie vient compléter les données déjà disponibles provenant d’essais cliniques randomisés ayant comparé des combinaisons de DMARDs conventionnels et biologiques. Les données épidémiologiques observationnelles de vraie vie sont toujours intéressantes car elles portent généralement sur de grands effectifs, avec un long suivi,qui reflète mieux la pratique clinique habituelle.

Méthodologie

Cette étude a utilisé les informations d’une base de données médicales américaines sur la période 2006-2015. Les patients adultes souffrant de polyarthrite rhumatoïde et traités par MTX/anti-TNF ou MTX-HCQ-SSZ ont été inclus . Seules les initiations de ces associations de traitement ont été inclus dans les analyses.

Principaux résultats

Au total, 45.208 patients MTX/anti-TNF et 1.387 patients MTX-HCQ-SSZ ont été inclus dans les analyses (âge moyen 53 ans, 70% de femmes).

Les sujets traités par MTX/anti-TNF avaient une dose cumulée de corticoïdes oraux plus élevée que ceux sous trithérapie et étaient proportionnellement plus nombreux à avoir recours à un antibiotique (42,8% vs 38,3%), un antiviral (2,5% vs 2,0%) ou un antifongique (8,3% vs 5,7%) par rapport à ceux du groupe trithérapie. Une pondération entre les deux groupes a permis de limiter l’influence des cofacteurs de confusion.

Sur un suivi moyen de 1,6 ans pour le groupe MTX/anti-TNF et 1,2 ans pour le groupe trithérapie, l’incidence des infections graves a été de 2,46/100 patients-années dans le groupe traité par MTX/anti-TNF et de 2,03/100 patients-années dans le groupe trithérapie. Les patients du groupe MTX/anti-TNF n’avaient pas plus de risque de faire une infection grave à 180 jours que les patients traités par trithérapie (hazard ratio 1,23 [0,87-1,74]). Les résultats étaient similaires à 365 jours.

Les infections bactériennes et herpétiques n’étaient individuellement pas différentes entre les deux groupes.

Principales limitations

Le nombre de patients ayant reçu une trithérapie était relativement faible, conduisant à une analyse statistique de faible puissance.