PR : Les acides gras oméga-3 pourraient-ils être bénéfiques ?

  • Lanchais K & al.
  • Nutrients
  • 15 janv. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Les sujets souffrant de PR présentent plus de risque cardiovasculaire, de troubles métaboliques, d’insulinorésistance et de sarcopénie que des sujets sains. Plusieurs données laissent suggérer que les acides gras oméga-3 pourraient avoir un rôle préventif intéressant. 

PR et risque cardiovasculaire

Environ la moitié des sujets souffrant de PR décèdent de maladie cardiovasculaire. La PR favorise l’athérosclérose, la dysfonction endothéliale indépendamment d’autres facteurs de risque bien connus tels que le tabac, l’hypertension, le diabète, l’hypercholestérolémie, l’obésité. Les taux élevés de CRP multiplieraient par deux le risque de coronaropathie chez les sujets souffrant de PR sans qu’ils soient atteints de diabète ou de syndrome métabolique.

PR et sarcopénie

Les patients souffrant de PR auraient 3 fois plus de risque de sarcopénie qu’un sujet contrôle sain. La cachexie souvent associée aux troubles du métabolisme pourrait en partie expliquer les faibles IMC retrouvés chez certains sujets souffrant de PR décédant de cause cardiovasculaire. L’obésité sarcopénique est un phénomène courant chez ces patients. Celle-ci peut contribuer à l’accumulation de graisses dans les muscles altérant leurs performances, ainsi que la production de cytokines proinflammatoires, notamment au niveau myocardique et favoriser ainsi le risque de maladies cardiovasculaires. Limiter l’obésité sarcopénique et améliorer l’insulinorésistance sont deux éléments essentiels pour la qualité de vie et la diminution des risques cardiovasculaires chez les patients souffrant de PR. 

PR et altération du profil lipidique

Plusieurs études ont mis en évidence un paradoxe concernant les lipides chez les patients souffrant de PR. En effet, chez ces sujets alors que les taux de cholestérol total et de LDL-c sont diminués, le risque cardiovasculaire lui, est augmenté. L’inflammation locale et systémique bien spécifique de ces individus pourrait avoir un rôle complexe dans leur risque cardiovasculaire. Des données ont suggéré que l’inflammation favoriserait la sarcopénie et que la résolution de l’inflammation pourrait normaliser les taux de HDL et donc réduire le risque cardiovasculaire. Par ailleurs, l’accumulation de substances lipotoxiques dans le muscle pourrait favoriser les dysfonctions mitochondriales et la résistance à l’insuline, deux éléments clés des maladies cardiovasculaires et de la sarcopénie. 

Les acides gras oméga-3 pourraient-ils être bénéfiques ?

En France, la HAS recommande que les apports en lipides couvrent 35-40% des besoins nutritionnels, avec 0,5-1% d’acide alpha-linolénique (ALA, précurseur de l’EPA/DHA), soit environ 0,8-1g/j. L’EPA et le DHA améliorent le profil lipidique et pourraient prévenir le développement d’une lipotoxicité au niveau du muscle squelettique et préserver la réponse à l’insuline au niveau musculaire. Les effets éventuellement protecteurs des acides gras oméga-3 chez les sujets souffrant de PR restent cependant débattus et mériteraient d’être explorés par des études robustes.