Pourquoi les asthmatiques non contrôlés pensent-ils l’être ?

  • Kritikos V & al.
  • NPJ Prim Care Respir Med
  • 5 déc. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude menée en Australie et dans sept pays européens, la proportion de ceux estimant avoir un asthme contrôlé était de 30,3% et, parmi eux, deux tiers (71,1%) se trompaient au regard des critères GINA ( Global Initiative for Asthma ). Parmi les facteurs prédictifs d’une mauvaise perception de la part des patients, se trouvaient plusieurs paramètres propres au profil sociodémographique (femmes), au recours récent des médicaments de secours et à l’ancienneté de la consultation spécialisée. Cette étude souligne que la perception du contrôle de l’asthme par les patients reste médiocre et pose la question des paramètres pris en considération par ces derniers pour définir l’asthme. Il est possible notamment qu’ils y incluent le fait de se prendre en charge, de ‘contrôler personnellement’ la maladie par son implication plutôt que la qualité du contrôle des symptômes.

Enquête auprès de 4.274 patients de la base iHARP

Helping Asthma in Real-life Patients (iHARP) est une base multicentrique transversale qui regroupe les données de patients adultes asthmatiques de huit pays (Australie, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Pays-Bas, France, Norvège et Suède). Ils devaient être traités par associations fixes de corticostéroïdes inhalés et de bêta-agoniste à action prolongée (CSI/LABA) depuis 1 an.

Les données de 4.274 patients adultes ont été analysées (âge moyen 50,9 ans, 60,8% de femmes, 33,1% d’obèses, 12,9% de fumeurs). Parmi eux, 30,3% avaient un asthme contrôlé, 44,7% un asthme partiellement contrôlé et 25,0% n’étaient pas contrôlés selon les critères GINA.

Une autre notion du contrôle ?

Lorsqu’il leur était demandé s’ils étaient contrôlés au cours des 4 dernières semaines, 60,4% ont déclaré qu’ils l’étaient et 39,6% ont indiqué qu’ils pensaient que leur asthme était mal contrôlé.

Parmi les patients s’estimant bien contrôlés, 28,9% avaient un jugement correct tandis que les 71,1% restants estimaient être contrôlés à tort. Ils étaient plus souvent âgés, de sexe féminin, obèses et présentaient un niveau d’éducation moins élevé. Selon l’analyse multivariée, ces derniers étaient 14 fois plus susceptibles d'avoir eu recours à >5-12 bouffées du traitement de secours pendant une journée au cours des 4 semaines précédentes (odds ratio OR 14.02 [4,19–47,00], p≤0,001). Ils avaient aussi 9 fois plus de probabilité d'être une femme (OR 9,38 [6,23–14,13], p

Financement

La base de données iHARP a été financée par des subventions de Mundipharma International Ltdd et par Optimum Patient Care Global Ltd.