Pour un repérage systématique de la fragilité des personnes vivant avec le VIH


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
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Grâce à l’amélioration de l’efficacité et de l’accès aux traitements, l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) vieillissantes est aujourd’hui voisine de celles des personnes non infectées. Pour autant, la prévalence de la fragilité chez les PVVIH serait a minima de 5% à 50 ans, alors que ce chiffre est habituellement retrouvé à l’âge de 65 ans dans une population non infectée.

Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement vient de publier un article rappelant les concepts et enjeux liés à la question de la fragilité et spécifiques aux PVVIH. Celui-ci rappelle les deux principaux modèles retenus : vieillissement accéléré par accumulation de déficits (modèle de Rockwood) ou syndrome médical relatif à un phénotype spécifique (modèle de Fried) qui est prédictible à partir de la présence de 3 de 5 marqueurs (force, endurance, activité physique, vitesse de marche, évolution pondérale). Sur cette base, les PVVIH entreraient dans la fragilité plus précocement que le reste de la population, avec 5% de fragilité et 50% de pré-fragilité à l’âge de 50 ans.

De nombreuses études se sont penchées sur les associations existant entre l’infection VIH et la fragilité, et sont rappelées dans l’article : ancienneté de l’infection, taux de CD4, durée du traitement antirétroviral, mais aussi présence de certaines comorbidités comme la co-infection VHC ou la dépression, ou encore variation de l’IMC ou statut socio-économique. Dans des cohortes aux larges effectifs, l’association à la présence de douleur ou de marqueurs pro-inflammatoires a aussi été décrite.

In fine , si l’exposition des PVVIH au risque de fragilité précoce semble incontestable, les études décrivant sa prévention restent rares. Des travaux ont par exemple décrit l’intérêt d’un programme régulier d’exercices physiques supervisés sur l’amélioration de la composition corporelle, mais aucun n’a permis de montrer pour l’heure que certaines interventions permettaient de retarder plus globalement l’apparition des marqueurs de fragilité. Ce déficit d’information est sans doute actuellement le principal frein à l’intégration du repérage systématique du risque de fragilité parmi les PVVIH.