Pose de prothèse d’épaule : une opération pas si anodine…

  • Craig RS & al.
  • BMJ
  • 20 févr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats de cette étude évaluant la nécessité d’une révision chirurgicale et les complications à 30 et 90 jours post-pose de prothèse d’épaule, indiquent l’importance de communiquer plus spécifiquement sur certains risques avec le patient. La population la plus à risque de révision chirurgicale serait les hommes âgés de 55 à 59 ans : un homme sur 4 au sein de ce groupe d’âge pourrait être concerné. Ce risque serait particulièrement élevé les 5 premières années post-chirurgie. Par ailleurs, cette étude révèle également que le risque d’événements majeurs dans les 90 jours après chirurgie de remplacement pourrait être plus élevé qu’estimé jusqu’à présent. Celui-ci atteindrait 4,6%, dont  1,9% pour les infections respiratoires basses, 1,0% pour l'insuffisance rénale aiguë, 1,4% pour les infections urinaires, 0,2% pour les événement scérébrovasculaires, 0,5% pour la mortalité toutes causes, 0,3% pour embolie pulmonaire et 0,3% pour infarctus du myocarde.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Même si les taux d’arthroplastie de l’épaule n’atteignent pas ceux du genou ou de la hanche, une forte augmentation du remplacement de cette articulation a été notée en Angleterre. Or, peu d’études de large envergure ont encore évalué le suivi à moyen et long terme de cet acte. 

Méthodologie

Ces analyses ont été réalisées à partir des données de sujets inclus dans une base de données médicales anglaise (admitted patient care - HES APC).

Résultats complémentaires

Au total, 58.054 poses de prothèse d’épaule et 51.895 individus (≥50 ans) ont été inclus dans l’étude entre avril 1998 et avril 2017. L’âge moyen de la première intervention était de 72,2 ans. La principale cause de la pose de la prothèse était l’arthrose (69%). Le suivi moyen était de 5,6 ans. 

Les analyses ont révélé que l’augmentation du nombre annuel de poses de prothèse d’épaule constatées avait abouti à la multiplication de cet acte par un facteur 5,6 entre 1998 et 2017.

La nécessité d’une révision chirurgicale suite à la pose de prothèse d’épaule était de 1 cas sur 37 prothèses posées chez les femmes âgées de 85 ans et plus (2,7%), et de 1 cas sur 4 pour les hommes âgés de 55 à 59 ans (23,6%). Ce risque de révision de la prothèse était plus élevé durant les 5 premières années après l’intervention. 

Le taux global d’évènements indésirables graves était de 3,5% à 30 jours, et de 4,6% à 90 jours. Les taux les plus élevés étaient atteints à 30 jours chez les hommes âgés de 85 ans et plus (17,4%) puis chez les femmes de la même tranche d’âge (9,1%) et les plus bas chez les hommes et les femmes âgés entre 50 et 64 ans (respectivement 1,6% pour chacun). Ces mêmes tendances étaient retrouvées à 90 jours. 

Principales limitations

La durée du suivi était courte. Les déterminants de la réintervention chirurgicale n’étaient pas spécifiés, or cela aurait peut-être pu expliquer les différences entre les groupes d’âge.