Pontage aorto-coronarien : l’artère radiale offrirait de meilleurs bénéfices que la veine saphène

  • Gaudino M & al.
  • N Engl J Med
  • 31 mai 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats combinant au niveau individuel les données de six essais randomisés montrent qu’une procédure utilisant l'artère radiale plutôt que la veine saphène pour les pontages aorto-coronariens pluritronculaires permet de diminuer le risque à cinq ans de survenue d’évènements indésirables cardiaques (critère composite incluant la mortalité, l’infarctus du myocarde et la revascularisation). 

Pourquoi est-ce important ?

En dépit de l’existence de recommandations sur le sujet, l’utilisation de l’artère radiale plutôt que la veine saphène pour les pontages aorto-coronariens multitronculaires n’est pas encore une pratique courante, aux Etats-Unis comme en Europe. Cette réticence des chirurgiens peut se comprendre étant donné que les bénéfices mis en évidence dans les études observationnelles n’ont pas été confirmés dans les essais cliniques randomisés, notamment du fait d’une puissance statistique insuffisante. D’où l’intérêt de cette étude combinant les données de six essais cliniques au niveau individuel.

Principaux résultats

Les résultats de l’étude RADIAL (Radial Artery Database International Alliance) portent sur l’analyse de données individuelles à partir de 6 essais cliniques, soit l’évaluation de 1.036 patients, 534 ayant subi un pontage aorto-coronarien avec l'artère radiale et 502 un pontage avec la veine saphène. Après un suivi moyen de 60 jours, l’incidence des évènements cardiaques suivis (critère composite principal d’évaluation comprenant le décès, l’infarctus du myocarde et la revascularisation) était significativement diminuée de 33% chez ceux ayant bénéficié d’un pontage avec une artère radiale plutôt qu’une veine saphène (hazard ratio 0,67, p=0,01).

Au suivi par angiographie d’une durée moyenne de 50 mois, les sujets du groupe artère radiale avaient également un risque d’occlusion significativement diminué de 56% (HR 0,44, p

Individuellement, les risques d’infarctus du myocarde et le recours à une revascularisation étaient également significativement inférieurs lorsque la procédure avait été réalisée à partir de l’artère radiale (respectivement HR 0,72, p=0,04 et 0,40, p

Principales limitations

Le nombre global de patients était faible ; les patients inclus présentaient des critères de sélection sévères et l'identification des évènements indésirables n'était pas homogène d'un essai à l'autre.