Polymédication : l’analyse de médication pharmaceutique améliore la qualité de vie des sujets âgés

  • Verdoorn S & al.
  • PLoS Med
  • 1 mai 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon une étude multicentrique ayant impliqué des pharmaciens et médecins traitants néerlandais, une analyse de médication assortie d’un accompagnement des patients permet d’améliorer la qualité de vie mesurée par le score EQ-VAS et de réduire le nombre de problèmes de santé déclarés par les participants, principalement vulnérables puisque âgés de plus de 75 ans et présentant une prescription d’au moins 7 médicaments.

Les auteurs reconnaissent que l’amélioration de la qualité de vie reste modeste et n’est pas retrouvée selon un second score (HR-QoL). Ils soulignent cependant que la réduction du nombre de problèmes de santé déclarés par les patients et l’amélioration de la prescription permettent d’évaluer ce type d’intervention comme pertinent.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

L’analyse de médication clinique consiste à mener une analyse formalisée du dossier pharmaceutique des patients chroniques et à améliorer les problèmes liés à la polymédication. Elle repose sur un entretien pharmaceutique avec le patient permettant de dresser le bilan de ses problèmes de santé (douleur, mobilité, fatigue ...), de ses préférences et des traitements reçus. Le pharmacien a ensuite un entretien avec le médecin traitant pour discuter de tous ces éléments et évoquer les ajustements possibles. Il établit ensuite avec le patient un plan d'accompagnement fixant des objectifs de santé (réduire la douleur, par exemple) et un suivi régulier.

Méthodologie

DREAMeR ( Drug use Reconsidered in the Elderly using goal Attainment scales during Medication Review ) est une étude randomisée contrôlée pragmatique menée dans 35 pharmacies d’officine néerlandaise. Des sujets âgés ( 75 ans) et polymédiqués ( 7 médicaments au long cours) ont été recrutés par les officinaux et leur éligibilité confirmée par les médecin traitants. La moitié bénéficiait de l’analyse de médication clinique, la seconde était en attente (et en bénéficiait à l’issue de l’étude). Le suivi a été assuré durant 6 mois. L’évolution de la qualité de vie (EQ-5D-5L et EQ-VAS), des problèmes de santé et des prescriptions a été analysée à 3 et 6 mois.

Principaux résultats

  • Au total, 629 patients ont été recrutés et 6% ont quitté l’étude au cours du suivi, soit une évaluation menée sur 588 sujets.

  • La qualité de vie mesurée par EQ-5D-5L était similaire entre le groupe d'intervention et le groupe témoin mais celle mesurée via EQ-VAS montrait une amélioration avec le temps dans le groupe intervention : à 3 puis 6 mois, le score était augmenté de 1,7 [0,47-2,9], p=0,006) et 3,4 points [0,94-5,8], p=0,006) vs le groupe témoin.

  • Le nombre total de problèmes de santé était similaire dans les deux groupes aux différents moments de l’évaluation, mais ceux qui avaient un impact modéré à grave sur le quotidien diminuaient avec le temps, de -0,17 puis de -0,34 [-0,31 à -0,022], p=0,024 et [- 0,62 à -0,044], p=0,024 à 3 et 6 mois, par rapport au groupe contrôle.

  • Le nombre total de prescriptions au long cours a diminué de -0,32 médicaments au bout de 6 mois avec l’ajout et le retrait de 1,7 et 1,5 médicaments par patient en moyenne dans le groupe intervention contre 1,4 et 1,0 dans le groupe témoin (p

  • Au total, 406 objectifs ont été proposés dont 350 (chez 256 patients) ont pu être évalués à 3 mois (86%) et 347 (chez 247 patients) à 6 mois (86%). Ils avaient été atteints pour 37% et 43% d’entre eux respectivement. Le nombre moyen de problèmes liés aux médicaments était initialement de 5,8 et 67% d’entre eux ont été résolus.

Financement

Etude financée par une association pharmaceutique néerlandaise.