Polyarthrite rhumatoïde : une stratégie ciblée utilisant l’IRM ne permet pas d’améliorer la rémission

  • Møller-Bisgaard S & al.
  • JAMA
  • 5 févr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon l’étude clinique IMAGINE-RA, parue récemment dans le JAMA, il n’existe pas de différence à 2 ans en termes d’activité (DAS28-CRP treat to target » ou T2T) menée de façon conventionnelle ou en utilisant les résultats de l’IRM. Par ailleurs, le nombre de patients ayant quitté l’étude ou ayant présenté des évènements indésirables était supérieur dans le groupe IRM.

L’une des limites de cette étude repose sur la différence du taux de patients en rémission clinique à l’inclusion entre les deux groupes. Pour autant, cette étude suggère que si l’IRM reste précieuse en termes diagnostiques, elle serait non pertinente comme outil de monitorage. L’œdème osseux résiduel observé par IRM pourrait ainsi ne pas être associé à la progression des lésions.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

La rémission clinique obtenue par un traitement ciblé de la PR ne permet pas d’éviter la progression de la maladie pour 20 à 30% des patients. Devant la perfectibilité du score d’activité DAS28-CRP, et l’absence d’évaluation de l’inflammation subclinique par les examens radiologiques conventionnels, l’IRM pourrait être un examen utile et sensible permettant d’améliorer le contrôle de la maladie. Après deux études TaSER et ARCTIC et ayant échoué à démontrer l’intérêt du monitorage par échographie, il était intéressant d’évaluer l’apport de l’IRM.

Méthodologie

  • L’étude IMAGINE-RA a été menée dans 9 hôpitaux danois. Elle a recruté des sujets adultes souffrant de PR et présentant une valeur de DAS28-CRP
  • Les patients ont bénéficié d’une prise en charge selon l’approche T2T menée de façon conventionnelle ou basée sur les données de l’IRM (suivi tous les 4 mois, IRM de la main dominante). Les patients du groupe conventionnel bénéficiaient aussi d’une IRM mais les données n’étaient pas transmises au médecin. La prise en charge des patients était adaptée aux données de suivi, selon un algorithme d’escalade thérapeutique prédéfini comportant 8 étapes (dont les trois premières sans traitement biologique).

Principaux résultats

  • Entre avril 2012 et juin 2015, 200 sujets ont été randomisés (1:1) en deux groupes (respectivement 69 et 64% de femmes, 62 et 60 ans, ancienneté de la maladie 9 et 11 ans dans les groupes IRM et conventionnels). Parmi eux, 73 et 95 patients ont respectivement terminé l'étude.
  • À l’inclusion, le taux de patients présentant un DAS28-CRP vs 96% dans le groupe conventionnel). Après deux ans de suivi, ce chiffre était identique dans les deux groupes (85% vs 88% respectivement, soit une différence de -4,8% [-13,6% à +∞], p=0,19]. De même la progression radiologique était similaire 66 vs 62%, soit une différence de 4,7% [-7,0% à + ∞], p=0,25).
  • Parmi les différents critères d’évaluation secondaires mesurés, seul le score de HAQ et le taux d’œdèmes osseux étaient significativement améliorés dans le groupe IRM, mais sans différence concernant le taux de synovite.

Limitations

L’étude n’était pas menée en aveugle et n’a inclus que des sujets non traités par biothérapie.