Polyarthrite rhumatoïde : suivre la variation du score SDAI pour éviter la rechute à l’arrêt d’un traitement de fond

  • Vittecoq O & al.
  • BMJ Open
  • 18 déc. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude prospective observationnelle menée chez des sujets traités par Disease-Modifying Anti-Rheumatic Drugsbiologiques (DMARDb), en rémission depuis plus d’un an et ayant soit réduit, soit arrêté leur traitement par DMARDb ont permis de mettre en évidence que la prise de corticoïdes, le sexe féminin, la durée de la maladie étaient des facteurs prédictifs d’une rechute de polyarthrite rhumatoïde (PR). Le maintien d’un traitement par méthotrexate à l’espacement ou à l’arrêt d’un DMARDb aurait en revanche un effet protecteur non négligeable. Autre point essentiel, parmi tous les facteurs évalués, la dégradation du scored’activité SDAI (simplified disease activity index) durant la phase de réduction de dose du DMARDb serait le paramètre prédictif le plus pertinent d’une réactivation de la maladie. 

Ainsi, les auteurs soulignent l’importance d’obtenir une rémission stricte, basée sur des critères cliniques et des données échographiques avant d’envisager la réduction d’un traitement par DMARDb. Ils invitent : à ne pas engager de réduction de dose si le patient est toujours traité par corticoïdes (même à faible dose

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Ces données sont issues d’une étude observationnelle prospective menée en pratique clinique classique au sein d’un centre ayant mis en place une procédure standardisée d’espacement des doses et d’arrêt des DMARDb en accord avec les recommandations internationales. Cette étude est intéressante car elle a pris en compte tous les DMARDb disponibles à la date de l’étude (hors rituximab et inhibiteurs de JAK/STAT), et la durée médiane de la maladie était longue (11 ans) pour l’ensemble de la population.

Méthodologie

Cette étude observationnelle monocentrique a été menée chez des patients souffrant de PR, recevant un DMARDb depuis plus d’un an et jugés en rémission (DAS28-ESR e et le 7mois, un espacement des doses était programmé pour chaque DMARDb, avec un arrêt total au 7mois. La rechute était définie par un SDAI >11.

Principaux résultats

Sur les 53 patients souffrant de PR (âge moyen 58 ans, 72% de femmes) suivis sur une durée médiane de 11 ans inclus dans l’étude, 42 ont reçu un DMARDb, et 79,2% prenaient du méthotrexate à la dose moyenne de 11,79 mg/semaine. Quatre patients seulement étaient sous prednisone (dose moyenne 3,13 mg/j). À 18 mois, sur les 53 patients inclus, 12 étaient toujours en rémission sans DMARDb, 39 ont rechuté et 2 ont été perdus de vue.

Le délai médian avant rechute était de 11,8 mois. Les faibles doses de corticoïdes (0 au cours de la période d’espacement était significativement associée au risque de rechute. 

Principales limitations

Le faible effectif de la population étudiée incite à confirmer ces données par d’autres études.