Polyarthrite rhumatoïde : risque de cancer sous abatacept

  • de Germay S & al.
  • Rheumatology (Oxford)
  • 27 déc. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

À partir d’une très large base de données internationale de pharmacovigilance de l’OMS, de plus de 300.000 patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR), des chercheurs ont évalué si l’abatacept, un agent immunosuppresseur sélectif, était associé à un risque accru de cancer par rapport à d’autres DMARD biologiques. Leurs résultats ont mis en évidence un sur-risque de mélanome. En revanche, aucun sur-risque n’a été retrouvé pour un autre type de cancer. Les chercheurs suggèrent que l’action agoniste CTLA-4 de l’abatacept pourrait contribuer à ce sur-risque : pour expliquer cela, ils s’appuient notamment sur l’activité anti-CTLA-4 de l’ipilimumab, un anticorps indiqué dans le traitement du cancer cutané. Ainsi, il convient d’utiliser l’abatacept avec précaution et de suivre spécifiquement le risque de cancer cutané chez les patients qui en bénéficient.

Pourquoi cette étude est importante ?

De récents signaux ont été émis suggérant un risque de cancer, notamment de cancer cutané non mélanome multiplié par deux sous abatacept en première ou seconde ligne de traitement de la PR par rapport à d’autres DMARD biologiques. Mais ces résultats n’ont pas été toujours confirmés dans les études ultérieures. D’où l’intérêt de réévaluer ce risque en vraie vie sur une large cohorte internationale.

Principaux résultats

La base de données de pharmacovigilance utilisée comprenait de plus de 300.00 sujets issus d’environ 130 pays. Au total, les données individuelles de 306.414 patients souffrant de PR et traités par DMARD biologiques entre 2007 et 2017 ont été analysées. Sur cette population, 15.846 événements indésirables ont été signalés chez les patients traités par abatacept et 290.568 chez des sujets traités par d’autres DMARD biologiques.  

Les analyses ont montré que les sujets traités par abatacept avaient un sur-risque significatif de mélanome par rapport aux sujets traités par un autre DMARD biologique (ROR 1,53 [1,14-2,03]). Ces résultats étaient confirmés lorsque les analyses portaient uniquement sur les données rapportées par les professionnels de santé (ROR 1,88 [1,40-2,54]). En revanche, aucun autre sur-risque significatif de cancer n’a été mis en évidence, y compris de cancer cutané non mélanome. 

Principales limitations

Des biais peuvent subsister notamment du fait de la présence d’autres facteurs de risque individuels de cancer de la peau, d’un phénotype cutané spécifique ou de l’exposition aux ultraviolets.