Polyarthrite rhumatoïde : quel est le profil des patients qui ne prennent pas correctement leur anti-TNF par voie SC ?

  • Fautrel B & al.
  • Joint Bone Spine
  • 24 oct. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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Une étude observationnelle française réalisée à partir des données du Système National des Données de Santé a évalué les facteurs prédictifs de la non-persistance d’un traitement par inhibiteurs TNF en sous-cutanée (SC) (adalimumab, certolizumab pegol, étanercept, golimumab) chez des patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde et insuffisamment soulagés par un traitement de première ligne. L’évaluation a porté sur la première année de traitement. 

Principaux résultats

Au total, les données de 8.052 sujets ont été incluses dans cette étude observationnelle (78% de femmes, 37% avaient une comorbidité associée, 24% en avaient deux). 

Les résultats ont montré une nette diminution de la persistance de ces traitements entre 2011 et 2014 par rapport aux données disponibles dans la littérature pour la décennie précédente. Le maintien du traitement sous adalimumab à 12 mois est par exemple passé de 83% à 53,7%, et celui par étanercept de 87% à 57,4%.

Ainsi, le risque de ne pas avoir maintenu un traitement par adalimumab SC au cours de la première année de traiteemnt était de 64% sous certolizumab pegol, de 51% sous étanercept et de 42% sous golimumab.

Quels sont les profils de patients les plus à risque d’arrêter leur traitement ? 

Les analyses ont mis en évidence que le risque d’arrêter un traitement anti-TNF par voie SC au cours de la première année de traitement était plus élevé chez les femmes (+61%), chez ceux qui avaient déjà été traités par un DMARD biologique en SC ou IV (+36%), ou en présence de comorbidités (+12% pout toute comorbidité supplémentaire).

Le risque de ne pas maintenir son traitement anti-TNF était significativement diminué de 7% chez les patients hospitalisés pour leur PR et il était également réduit lorsqu’il y avait un suivi rhumatologique (-26 à 35% pour tous ceux qui avaient eu au moins une consultation au cours des 12 derniers mois).

En revanche, l’âge, la prise antérieure de DMARD conventionnel synthétique (méthotrexate, léflunomide, sulfasalazine) ou de corticothérapie, le fait de bénéficier ou non de la CMU et l’accès à des soins complémentaires n’avaient aucun impact sur la persistance des traitements.

Principales limitations

Certaines données étaient manquantes, et notamment sur l’activité de la maladie, sa durée, les raisons de l’arrêt des traitements.

Financements

Étude financée par MSD France.