Polyarthrite rhumatoïde : Quel est l’impact d’une réduction de dose chez les patients traités par baricitinib ?

  • Takeuchi T & al.
  • Ann Rheum Dis
  • 7 sept. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude récente a évalué l’effet de la diminution de la dose chez des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) ayant obtenu un contrôle durable de la maladie sous baricitinib 4mg, une fois par jour. Les résultats de celle-ci à 48 semaines montrent que le maintien du contrôle de la maladie après une phase d’induction par baricitinib 4mg d’au moins 15 semaines est supérieur lorsque cette dose est conservée plutôt que diminuée à 2 mg. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’arrêt d’un traitement par DMARDb ou la réduction de dose a fait l’objet de nombreux essais au cours des dernières années. Le baricitinib est un inhibiteur sélectif des Janus kinases 1 et 2, qui vient depuis peu compléter l’arsenal thérapeutique des rhumatologues. Plus de la moitié des patients ayant arrêté un traitement par DMARDb ne retrouvent pas l’état d’amélioration initial une fois celui-ci réintroduit. De fait, il est essentiel de pouvoir juger de l’effet d’une réduction de dose ou d’un arrêt de traitement sur le maintien du contrôle de la maladie afin de pouvoir prendre des décisions éclairées conjointement avec les patients.

Méthodologie

Les résultats présentés ici proviennent d’une sous-étude d’évaluation de l’efficacité et de la tolérance du baricitinib. Les patients inclus avaient participé à une phase de suivi de l’efficacité et de la tolérance au long cours (étude RA-BEYOND de phase 3), avaient reçu du baricitinib 4mg durant au moins 15 mois et présentaient un score CDAI (Clinical Disease Activity Index) faible (CDAI≤10) ou étaient en rémission (CDAI≤2,8) lors de deux visites consécutives à 3 mois ou plus. Ils ont été randomisés en aveugle pour continuer à être traités par une dose de 4 mg ou par une dose de 2 mg. Les patients pouvaient revenir à 4 mg si cela s’avérait nécessaire. L’efficacité et la tolérance ont été analysées sur 48 semaines.

Principaux résultats

Sur les 2.656 patients inclus dans le suivi d’efficacité et de tolérance du baricitinib au long cours, 975 ont été randomisés dans la sous-étude de réduction de dose. Même si la faible activité de la maladie ou la rémission ont été maintenues pour la majorité des patients dans les deux groupes, la réduction de dose était accompagnée d’une diminution faible, mais significative du pourcentage de patients présentant une maladie à faible activité (CDAI≤10) à 12, 24 et 48 semaines.

Parmi les patients qui avaient atteint la rémission (CDAI≤2,8), 68% de ceux traités par baricitinib 4 mg et 56% de ceux traités par baricitinib 2mg étaient toujours en rémission à 48 semaines. La différence de maintien de rémission entre les deux groupes était significative après 24 semaines (76% sous 4mg versus 61% sous 2mg).

À 48 semaines, la réduction de dose était associée à une augmentation modeste, mais significative, du CDAI, DAS28-CRP par rapport à ceux qui étaient restés sous baricitinib 4mg.

Au global, sur les 48 semaines de suivi, 80% des patients traités par 4mg ayant atteint une faible activité, la maintenait versus 67% sous 2 mg, tandis que 40% des patients traités par 4 mg ayant atteint la rémission la maintenait versus 33% sous 2mg.

À 48 semaines, bien que les effets indésirables étaient plus fréquents dans le groupe traité par baricitinib 4 mg versus baricitinib 2 mg, l’incidence des évènements indésirables graves (dont les infections graves) et les effets indésirables conduisant à l’arrêt du traitement étaient similaires entre les deux groupes.

Principales limitations

Afin de préserver le traitement en aveugle, aucun cliché radiographique n’a été effectué durant la phase de diminution de dose, ce qui ne permet pas de juger de l’impact structurel de cette modification posologique. 

Financement

Étude financée par Eli Lilly.