Polyarthrite rhumatoïde : première étude face-face entre deux biothérapies

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Les anti-TNF alpha sont largement utilisés dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde (PR). Cependant, aucune comparaison directe entre les différentes molécules actuellement commercialisées n'a été conduite au travers d'un essai clinique spécialement conçu dans cet objectif. Par ailleurs, plusieurs études suggèrent que le switch d'un anti-TNF alpha à un autre offre moins de bénéfice clinique qu'une autre classe thérapeutique en cas de réponse insuffisante. Les investigateurs de l'étude EXXELERATE ont souhaité conduire la première comparaison directe entre deux anti-TNF alpha (certolizumab pegol versus adalimumab) et l'évaluation du bénéfice apporté par un second traitement en cas d'échec du premier d'entre eux.

Méthodologie

  • L'étude EXXELERATE est une étude randomisée multicentrique (175 centres, 17 pays), conduite en double puis simple aveugle après 12 semaines, et qui a étudié la supériorité du certolizumab pegol sur l'adalimumab en association au méthotrexate.

  • Entre décembre 2011 et novembre 2013, les patients adultes recrutés devaient souffrir d'une PR évolutive active. Ils devaient être naïfs de tout traitement par biothérapie et présenter une activité de la maladie après 12 semaines au moins de méthotrexate. Les traitements stables d'AINS ou de glucocorticoïdes oraux étaient autorisés.

  • Après le recrutement, les participants ont été randomisés entre un traitement par méthotrexate associé au certolizumab (400 mg à la semaine 0, 2, 4 puis 200 mg/2 semaines) ou à l'adalimumab (40 mg/2 semaines).

  • La réponse au traitement à S12 était définie par un score DAS28 inférieur ou égal à 3,2 ou par une baisse minimale de ce score de 1,2. Ceux qui n'étaient pas répondeurs étaient basculés vers l'autre groupe.

  • Critères principaux d'évaluation : taux de patients bénéficiant d'une amélioration de 20% de la réponse thérapeutique (ACR20) et d’une faible activité de la maladie (LDA) à 104 semaines.

Résultats

  • Au total, 915 patients (80% de femmes) ont pu être randomisés entre le bras certolizumab pegol (n=457) et le bras adalimumab (n=458). Respectivement 426 et 428 sujets issus des deux bras de l'étude ont été suivis jusqu’à 12 semaines, et 260 et 279 d'entre eux ont été au bout des 104 semaines de suivi sous le traitement initial. Parallèlement, 27 sujets sont passés du groupe certolizumab au groupe adalimumab, tandis que 23 ont suivi le mouvement inverse.

  • La moyenne d'âge à l'inclusion était de 53 ans et l'activité DAS28 était de 6,5 en moyenne. Dans chacun des bras, 2% des sujets ont abandonné l'étude pour évènements indésirables.

  • Aucune différence n'a été observée sur le critère principal d'évaluation de l'étude (ACR20) : à la semaine 12, l'objectif était atteint par 69,2% des sujets sous certolizumab contre 71,4% de ceux sous adalimumab (OR : 0,90 [IC95%: 0,67-1,20], p=0,467).

  • À la semaine 104, le taux de patients souffrant d'une maladie de faible activité était de 35,5% et de 33,5% sous certolizumab et sous adalimumab respectivement (OR: 1,09 [IC95%: 0,82-1,45], p=0,532). Aux semaines 12, 24 et 52, aucune différence significative n'était également observée.

  • Le nombre de non-répondeurs à la 12ème semaine devenus répondeurs après avoir changé de traitement était respectivement de 56% parmi ceux étant passé de l'adalimumab au certolizumab et de 6 % pour ceux ayant basculé du certolizumab à l'adalimumab.

  • En termes de sécurité, 75% et 74% des sujets des groupes certolizumab et adalimumab ont présenté des évènements indésirables liés au traitement. L'incidence de ces évènements était respectivement de 139,9 et 134,8 pour 100 patients-années.

Limitations

  • Les données concernant la pertinence d'un passage du certolizumab pegol à l'adalimumab ne peuvent être extrapolées à d'autres anti-TNF alpha.

  • Les patients connaissaient la nature de leur traitement après les 12 premières semaines.

Financement

L'étude a été financée par UCB Pharma.

À retenir

Le certolizumab pegol présente une efficacité et une tolérance comparable à celle de l'adalimumab dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde à court et long terme. Cependant, il est intéressant de noter que l’on peut obtenir une réponse thérapeutique en changeant de molécule anti-TNF, sans pour autant nécessiter le recours à une autre classe thérapeutique.