Polyarthrite rhumatoïde : la santé osseuse est-elle suffisamment considérée en pratique clinique ?

  • Roux C & al.
  • Joint Bone Spine

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude française s’est intéressée à la prise en charge en vraie vie de la santé osseuse des sujets souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR). Les résultats de celle-ci montrent : 

  • Une prise en charge plus fréquente de la santé osseuse chez ces sujets PR que chez les sujets contrôles (non-PR), avec un recours deux fois plus fréquent à la mesure de la DMO et aux traitements anti-ostéoporotiques.
  • Cependant, la proportion de sujets PR bénéficiant d’une mesure de la densité minérale osseuse (DMO) reste faible (21 ,6%), tout comme la proportion de patients sous traitement anti-ostéoporotique (7,1% pour les bisphosphonates).

Les auteurs soulignent qu’il ne semble pas y avoir d’évolution depuis plusieurs années de la prise en charge de la santé osseuse des patients PR malgré les risques de fractures plus importants.

 

Pourquoi est-ce important ?

Environ 0,3% des adultes souffriraient de PR en France. La perte de la masse osseuse accompagnant cette pathologie, et ce dès les stades initiaux, induit un risque plus important de fracture de fragilité. Cependant, la prise en charge de la santé osseuse reste insuffisante chez les patients PR. En effet, nombreux patients notamment sous corticothérapie ne bénéficient pas de traitement préventif ou de dépistage de l’ostéoporose. D’où l’intérêt de cette étude dont les objectifs étaient de mesurer l’occurrence des fractures chez les patients PR et les sujets contrôles appariés en fonction de l’exposition ou non à une corticothérapie, et d’évaluer la prise en charge de leur fragilité osseuse.

 

Méthodologie

Cette étude longitudinale cas-témoins est basée sur un échantillon aléatoire de sujets provenant du Système National des Données de Santé (SNDS - 2014 et 2016) de demandes de remboursement de soins de santé française. 

 

Principaux résultats

Au total, 1.008 sujets atteints de PR (âge moyen 61 ans, 77% de femmes, durée moyenne de la PR 9 ans au global et 12 ans pour ceux ayant un antécédent fracturaire) ont été inclus dans les analyses, ainsi que 4.652 sujets appariés non atteints de PR. 

Parmi les patients PR, 69,7% étaient sous méthotrexate, 26,8% sous d’autres traitements de fond conventionnels (cDMARD : disease-modifying antirheumatic drug), 26,0% sous agents biologiques et 36,9% sous corticoïdes.

Par rapport aux patients appariés, les patients PR avaient trois fois plus de chance d’être suivis médicalement. Ils avaient également presque trois fois plus de chance de bénéficier d’une mesure de la densité minérale osseuse pour ceux traités par traités par méthotrexate, cDMARD, agents biologiques ou corticoïdes (21,6% versus 9,2%, odds ratio (OR) 2,7 [2,3-3,3], p<0,05), et deux fois plus pour ceux traités par bisphosphonates (7,1% versus 3,6%, OR 2,0 [1,5-2,7]).

La mesure de la DMO était plus souvent pratiquée chez les sujets PR exposés à une corticothérapie que chez les sujets contrôles 28,0% versus 18,8% (OR 1,7 [1,3-2,2], p<0,05). Au global, la proportion de patients ayant eu une fracture était deux fois plus importante chez les patients PR exposés aux corticoïdes que chez les patients PR non exposés aux corticoïdes (5,7% versus 2,4%, p<0,01). Et chez les patients exposés aux corticoïdes, le fait d’avoir une PR augmentait fortement le risque de fractures par rapport aux sujets non PR (5,7% versus 3,0%, p<0,05). Cette étude n’a pas mis en évidence de différence significative de risque fracturaire en fonction du traitement utilisé (méthotrexate ou autre cDMARD et ce, que les sujets soient exposés aux corticoïdes ou non.