Polyarthrite rhumatoïde : existe-t-il des facteurs prédictifs du maintien de l’abatacept en SC ?

  • Alten R & al.
  • Clin Rheumatol

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • En pratique clinique courante, 47% des patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) modérée à sévère, traités par abatacept sous -cutané (SC) 125 mg/semaine seraient toujours sous traitement 2 ans après son initiation.
  • Le maintien thérapeutique était meilleur lorsque l’abatacept était administré en première ligne, chez des patients positifs au facteur rhumatoïde-FR ou aux anticorps dirigés contre les protéines citrullinées (ACPA pour Anti-citrullinated protein antibodies).
  • À 2 ans, l’efficacité et la tolérance démontrées par d’autres études étaient confirmées dans cette étude menée en vie réelle.

Quel intérêt pour votre pratique ?

Ces données menées à travers une étude en vie réelle viennent confirmer les taux de maintien déjà rapportés dans des études de registres et dans d’autres études de vraie vie portant sur l’utilisation de l’abatacept SC et IV. 

Pour des raisons de commodité ou de flexibilité, les patients préfèrent la voie SC. De fait, les données présentées ici sont intéressantes car elles apportent des preuves du maintien dans le temps de l’efficacité et de la tolérance de l’abatacept en SC en pratique clinique courante. L’American College of Rhumatology(ACR) et l’European League Against Rheumatism (EULAR) recommandent l’approche « treat-to-target » reposant sur la prescription d’un immunomodulateur biologique et un DMARD (Disease-modifying antirheumatic drugs) biologique lorsque le DMARD conventionnel synthétique ne s’est pas révélé suffisant après 3 à 6 mois de traitement. Les données présentées ici apportent des arguments pour envisager l’abatacept SC en 1ère ligne de traitement biologique chez les patients séropositifs.

Méthodologie

Des adultes atteints de PR modérée à sévère (critères ACR/EULAR 2010) et ayant initié un traitement par abatacept en SC à raison de 125 mg une fois par semaine ont été inclus dans cette étude prospective, observationnelle, internationale. Les patients ont été recrutés à partir de deux cohortes : patients naïfs de traitement de fond biologique (DMARDb) et patients en échec d’au moins un traitement antérieur par DMARDb. L’arrêt du traitement était défini par le switch de l’abatacept SC ou IV à un autre DMARD ou à l’arrêt de tout traitement. Le switch de l’abatacept SC à la forme IV était considéré comme un arrêt de traitement pour le critère principal. À deux ans, le taux de maintien du traitement par abatacept (défini par le temps de maintien consécutif du traitement, critère principal d’évaluation), la proportion de patients ayant une réponse bonne à modérée sur la base du DAS28 (taux de sédimentation des érythrocytes – ESR ou protéine C réactive – PCR ), la faible activité de la maladie et/ou de la rémission (DAS28 (ESR, ≤3,2/<2,6), du SDAI – Simplified Disease Activity Index (≤1,1/≤3,3), CDAI – Clinical Disease Activity Index (≤10/≤2,8) et les critères Booléens en fonction de la ligne de traitement ont été évalués.

Principaux résultats

Au global, 2.892 patients ont été inclus dans les analyses de l’étude (ASCORE – Abatacept SubCutaneOus in Routine clinical practicE), dont 41,4% naïfs de traitement biologique. L’âge moyen des patients était de 58 ans, 79% étaient des femmes, et 77% avaient des comorbidités. Les patients qui avaient déjà eu 2 échecs ou plus de traitement biologique avaient tendance à avoir une maladie diagnostiquée depuis plus longtemps, et une maladie plus érosive. Les raisons les plus fréquentes d’arrêt d’un précédent traitement biologique étaient dans deux tiers des cas, le manque d’efficacité et pour un quart des cas, l’intolérance. 

À 2 ans, 47% des patients inclus dans l’étude étaient toujours sous abatacept SC. Le taux de maintien thérapeutique à 2 ans était meilleur chez ceux qui avaient reçu l’abatacept en première ligne : 51,7% de maintien à 2 ans pour ceux qui étaient naïfs de traitement biologique, 45,6% pour ceux qui avaient déjà été sous ≥1 traitement biologique et 43,2% pour ceux qui avaient déjà été ≥2 traitements biologiques. Les patients avaient plus de chance d’être toujours sous traitement biologique à 2 ans, s’ils étaient séropositifs au facteur rhumatoïde/ACPA.

À 2 ans, le taux de réponse EULAR modérée à bonne était d’environ 80% que le patient soit naïf ou non au traitement biologique. Aucun nouveau signal de sécurité du traitement n’a été relevé durant cette étude. Globalement, 54,5% des patients ont rapporté au moins un événement indésirable, et 16,5% au moins un événement indésirable grave, dont 7,8% en lien avec la prise de l’abatacept.

Principales limitations

Biais potentiels inhérents à toute étude observationnelle, absence de comparateur actif.

Financement

Étude financée par Bristol Myers Squibb.