Polyarthrite rhumatoïde et comportements alimentaires

  • Bulut N & al.
  • Clin Nutr ESPEN
  • 1 févr. 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude s’est intéressée aux comportements alimentaires des sujets souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR) obèses ou non. Celle-ci montre que les patients atteints de PR n’ont pas d’habitudes alimentaires plus défavorables que des sujets contrôles. En revanche, les patients PR et obèses seraient plus sujets à des envies émotionnelles de manger que ceux qui ne sont pas obèses. Ceci mérite d’être confirmé par d’autres études, et au besoin pris en charge par des techniques permettant d’augmenter les compétences de régulation émotionnelle.

Protocole de l’étude

Cette étude longitudinale a inclus 157 sujets souffrant de PR et 60 sujets contrôles sur une période de 1 an. Le Three-Factor Eating Questionnaire (TFEQ) utilisé pour identifier le comportement alimentaire de ces sujets présente l’intérêt d’évaluer la restriction cognitive (contrôle conscient de l’alimentation), la désinhibition (perte de contrôle dans les prises alimentaires) et la faim (susceptibilité aux signaux motivant l’ingestion d’aliments). Cette évaluation a été comparée entre les sujets souffrant ou non de PR et pour les sujets atteints de PR, en distinguant ceux qui étaient obèses des autres. 

Principaux résultats

Les données démographiques et anthropométriques étaient semblables entre les patients souffrant de PR et les sujets contrôles. Il n’y avait pas non plus de différences en ce qui concerne les comorbidités, le niveau d’éducation et le tabagisme entre ces deux populations. Au total, 40,2% des patients de la population souffrant de PR étaient obèses. Ceux-ci étaient significativement moins éduqués et plus souvent fumeurs que les autres. La PR était établie pour plus de 90% des patients PR, et il n’y avait pas de différence significative chez les patients PR qu’ils soient ou non obèses sur les plans de l’activité de la maladie, de sa durée, de la sérologie, du nombre d’articulations concernées, de la fréquence des comorbidités ou encore du nombre de sujets sous corticoïdes. Le DAS 28-CRP médian des sujets obèses et non obèses souffrant de PR était respectivement de 2,6 et 3,2, donc à la limite de la rémission et d’une faible activité de la maladie.

La restriction cognitive et la sensation de faim étaient semblables chez les sujets souffrant de PR et les sujets témoins, mais ces derniers présentaient plus souvent que les autres une perte du contrôle des prises alimentaires. Chez les sujets PR, le score de restriction cognitive et celui de désinhibition étaient similaires, mais les sujets PR obèses avaient un score d’envies émotionnelles de manger significativement plus important que les sujets PR non obèses. 

Principales limitations

La plupart des patients PR étaient en rémission. Les comportements alimentaires n’ont été évalués que par un auto-questionnaire.