Polyarthrite rhumatoïde active sous méthotrexate et DMARD biologiques : faut-il conserver ou non une corticothérapie ?

  • Degboé Y & al.
  • J Clin Med
  • 26 juin 2020

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une équipe de chercheurs franco-américains montre à 2 ans, l’absence de différence en termes d’impact clinique, fonctionnel ou radiographique du maintien ou non d’une corticothérapie chez des sujets ayant une polyarthrite rhumatoïde (PR) active et traités par une association à base de méthotrexate et d’abatacept ou d’adalimumab.

Ces résultats viennent confirmer les résultats d’autres études portant sur le même type d’évaluation avec le tofacitinib, le tocilizumab, l’adalimumab et le rituximab. 

Pourquoi ces résultats sont intéressants ?

Les recommandations actuelles de prise en charge de la PR suggèrent de conserver une corticothérapie à l’initiation d’un traitement par DMARD – pour une durée aussi courte que possible et à la plus faible dose. Cependant, l’utilisation des corticoïdes, ainsi que le choix de la posologie optimale et de la durée d’utilisation alimentent de nombreux débats du fait des effets indésirables associés à ces traitements.

Méthodologie

Les résultats présentés viennent d’analyses post-hoc de l’étude AMPLE menée chez des patients souffrant de PR et traités par méthotrexate plus abatacept (125 mg/semaine en SC) ou adalimumab (40 mg/toutes les 2 semaines en SC). Ces analyses comparent l’efficacité et la tolérance sur deux ans entre les patients recevant ou non une corticothérapie de fond (≤10 mg/j). L’activité et le handicap ont été mesurés par le score HAQ-DI (Health Assessment Questionnaires-Disability Index) et le DAS28-CRP (Disease Activity Score -28 articulations – Protéine C réactive).

Principaux résultats

Sur les 646 sujets randomisés, 317 ont été traités par abatacept (et parmi eux, 161 ont reçu également des corticoïdes en traitement de fond continu) et du méthotrexate, et 326 ont été traités par de l’adalimumab et du méthotrexate (dont 162 des corticoïdes).

À deux ans, les variations moyennes du DAS28-CRP et de l’HAQ-DI n’étaient pas significativement différentes entre les patients qui avaient ou non reçu une corticothérapie de fond, et ce, qu’ils soient sous abatacept ou adalimumab. À 2 ans, la proportion de sujets définis comme étant en rémission (sur la base du score SDAI, DAS-28 ou HAQ-DI) était similaire chez les patients traités ou non par corticothérapie. Aucune différence de tolérance cliniquement significative n’a été mise en évidence entre les groupes traités ou non par corticothérapie quel que soit le traitement biologique associé.

Enfin, chez les patients ayant une forme active de la maladie, et ayant un niveau d’activité semblable à l’inclusion, aucun bénéfice supplémentaire n’a pu être mis en évidence qu’ils soient ou non traités par corticothérapie, que ce soit sur les paramètres cliniques, fonctionnels ou radiologiques.

Limitations

Analyses en post-hoc non définie de manière prospective. Les analyses manquent de puissance statistiques.

Financements

Étude financée par Bristol-Myers Squibb.