Pollution de l’air, asthme et allergies pédiatriques : enseignements européens

  • Fuertes E & al.
  • Environ Int
  • 18 janv. 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • Les données observationnelles issues de plusieurs pays européens ne permettent pas d’établir un lien entre les niveaux de pollution atmosphérique à long terme et la prévalence de l'eczéma pédiatrique, de la rhinoconjonctivite ou de l'asthme à l’âge de 4 et de 8 ans.

  • Ces données doivent être confirmées par de futures cohortes permettant d’établir le risque de développer ces pathologies à des âges plus avancés. Par ailleurs, malgré l’absence de lien avéré dans cette étude, la réduction de la pollution atmosphérique reste préconisée afin de réduire son influence sur d’autres effets néfastes sur la santé.

L’impact à long terme de la pollution de l’air sur le risque d’asthme et des allergies associées chez l’enfant a été étudié par différentes revues et méta-analyses, avec des conclusions variables : si la plupart évoquent une association entre la pollution et l’incidence ou la prévalence de l’asthme, les données sont moins convaincantes concernant la rhinoconjonctivite et l’eczéma d’origine allergique.

Récemment, des recommandations ont été émises dans le cadre européen pour mieux standardiser les définitions diagnostiques et les mesures de la pollution atmosphérique. Sur cette base, il était intéressant d’examiner les liens entre l’exposition aux différents polluants et les maladies précitées chez des enfants âgés de 4 et de 8 ans, a fortiori dans un contexte où la pollution atmosphérique tend à avoir baissé ces dernières années.

Cinq cohortes européennes

Ce travail a permis d’exploiter cinq cohortes en population faisant partie de la collaboration MeDALL ( Mechanisms of the Development of Allergy ), à savoir la cohorte française EDEN, la cohorte britannique BIB, la cohorte italienne GASPII, la cohorte grecque RHEA et la cohorte espagnole INMA. Soit un total de 6.527 enfants et 2.489 enfants pour lesquels les données à 4 et à 8 ans étaient disponibles. Les mesures de différents polluants relatives au lieu d’habitation ont été prises en compte, à la naissance, à l’âge de 4 puis à l’âge de 8 ans : NO 2 (dioxyde d’azote), NOx (oxydes d’azote), PM 2,5 et PM 10 (particules de 2,5 et 10 µm de diamètre), fractions grossières des PM (comprises entre 2,5 et 10 µm) et pouvoir d’absorbance liée aux PM.

La prévalence de l'eczéma était comprise entre 4,7% chez les enfants de 8 ans (GASPII) et 24,4% des enfants de 4 ans (INMA). Celle de la rhinoconjonctivite était comprise entre 1,9% à 4 ans (INMA) et 9,7% à 8 ans (EDEN) et enfin, celle de l'asthme était de 3,8% à 4 ans (GASPII) et 15,7% au même âge (BIB, INMA). Au total, ils étaient 2,2% à 8 ans (GASPII) et 9,4% à 4 ans (BIB) à présenter plusieurs de ces pathologies.

Tous les taux de polluants étaient corrélés entre eux, sauf exception (PM 2,5 , NO 2 et NOx dans la cohorte INMA). En revanche, aucune association n’a été mise en évidence entre les différents taux de polluants et la prévalence des différentes pathologies suivies. Ce constat était confirmé dans le cadre des études de sensibilité, notamment après ajustement sur le poids de naissance, exclusion des sujets nés prématurés ou en intégrant ou non les enfants ayant des antécédents familiaux d’allergie. Aucune influence du sexe ou des changements d’adresse au cours de l’enfance n’ont modifié ces conclusions.