Poliomyélite : le virus sauvage désormais éradiqué en Afrique !


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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À retenir :

  • Après 4 années sans aucun cas, les 47 pays de la région africaine de l’OMS viennent d’être certifiés comme exempts de poliomyélite sauvage
  • La poliomyélite pourrait devenir la deuxième maladie éradiquée dans le monde, après la variole, sachant que la transmission du poliovirus sauvage se poursuit uniquement dans deux pays (Pakistan et Afghanistan)
  • Il reste cependant à endiguer la propagation du poliovirus vaccinal qui touche actuellement 16 pays de la région africaine

Après 4 années sans aucun cas, les 47 pays de la région africaine de l’OMS viennent d’être certifiés comme exempts de poliomyélite sauvage. On approche ainsi de l’éradication mondiale car 5 des 6 régions de l’OMS (soit plus de 90% de la population mondiale) sont désormais exemptes de poliovirus sauvage dont la transmission se poursuit uniquement dans deux pays : le Pakistan et l’Afghanistan.

La dénomination de « poliovirus sauvage » est utilisée pour le différencier du « poliovirus vaccinal » contenu dans le vaccin oral vivant atténué : il peut parfois retrouver une virulence et entraîner des cas de poliomyélite le plus souvent sporadiques (cas isolés).

Deux types de vaccins antipoliomyélitiques existent :

  • Un vaccin oral (VPO) contenant des poliovirus vivants atténués,
  • Un vaccin injectable (VPI) contenant des poliovirus inactivés (disponible sous forme de vaccin monovalent ou combiné).

Seuls les vaccins inactivés sont disponibles en France. Le vaccin oral reste utilisé dans le monde car il induit une meilleure immunité intestinale (avantage en cas d’épidémie), il est facile à administrer et il est moins cher.

En France, le dernier cas de poliomyélite autochtone remonte à 1989 et le dernier cas importé date de 1995 (voir article univadis : « Réapparition du poliovirus en France : que faire si cela arrive ? »). Au niveau européen, l'élimination de cette infection a été prononcée en 2002.

Des interruptions de la vaccination sont actuellement causées par le COVID-19 alors qu’il est important de poursuivre les efforts afin que la poliomyélite puisse devenir la deuxième maladie éradiquée dans le monde, après la variole. De plus, le programme de lutte contre la poliomyélite a de multiples retombées positives : les ressources et les compétences mises à profit pour éliminer le poliovirus sauvage ont apporté une contribution notable aux systèmes africains de santé publique et de riposte aux flambées épidémiques, ce qui facilite aujourd’hui la réponse de la région africaine au COVID-19.

Il reste également à endiguer la propagation de poliovirus vaccinal qui touche actuellement 16 pays de la région africaine. Dans les zones de faible immunité vis-à-vis de la poliomyélite, ces souches représentent une menace alors que le poliovirus sauvage a été éradiqué. La stratégie vaccinale doit peut-être évoluer…