Point sur les hépatites sexuellement transmissibles et infections associées


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • Le risque d’infection lors des pratiques sexuelles concernent les virus des hépatites A, B (D) et C.
  • Le vecteur d’infection est, selon les cas, les fluides sexuels, la salive, le sang et les contacts féco-oraux.
  • Les pratiques à risque (partenaires multiples, multipartenaires, usage concomitant de substances psychoactives) augmentent le risque d’infection sexuellement transmissible de 30%.

 

Une mini-revue parue dans Hépato-gastro et Oncologie digestive fait le point sur l’épidémiologie, les modes de transmission, ainsi que les méthodes préventives disponibles pour lutter contre les hépatites à transmission sexuelle et les infections associées.

Transmission par les fluides sexuels et la salive et modes de prévention

  • Outre le VIH et le VHB, la transmission par les fluides sexuels concerne le VHC lorsque sa charge virale est élevée chez une personne VIH ou lorsqu’il existe des effractions muqueuses. Les préservatifs constituent la première approche préventive. La prévention contre le VHB repose aussi sur la vaccination chez les sujets à risque (partenaire infecté, rapports non protégés...). La Prophylaxie pré-exposition (PrEP) est préconisée pour les personnes non infectées par le VIH et à risque.
  • Le VHA est transmis par voie féco-orale directe ou indirecte (fellation, anulingus...). Il est recommandé d’utiliser un préservatif différent à chaque rapport, y compris avec un même partenaire en cas de fellation et de pénétration anale, de se laver les mains avant et après un rapport, d’utiliser un carré de latex en cas d’anulingus, et de ne pas partager des objets sexuels. La vaccination contre le VHA est recommandée, dans ce cadre, aux hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes (HSH).
  • La transmission du VHE par voie sexuelle est discutée mais n’a pour l’heure jamais été confirmée.
  • L’infection aiguë par le VHD peut survenir simultanément ou surinfecter une infection par le VHB. La vaccination contre le VHB protège du VHD.
  • Concernant les autres IST, la transmission sexuelle est confirmée pour le HSV, la syphilis, chlamydia et Neisseria gonorrheae, et elle est probable concernant le CMV.
  • La transmission par la salive concerne l’EBV : contrairement au type 1, l’EBV de type 2 présente une prévalence plus élevée chez les homosexuels que les hétérosexuels et, parmi ces derniers, chez ceux à haut versus ceux à bas risque d’infection.

Transmission sexuelle par voie sanguine

Le risque d’être infecté par un virus sexuellement transmissible (VHB, VHC, VIH) augmente avec la multiplicité des rapports non protégés, des partenaires et la brutalité des rapports, elle-même accrue par certaines pratiques favorisant la désinhibition : chemsex (consommation de psychotropes pour prolonger ou intensifier l’activité sexuelle) ou slam (démarche identique à partir de substances administrées par IV). Le risque est alors lié à l’injection, lorsqu’elle est envisagée, ou par les pratiques sexuelles hard : rapports non protégés, fist-fucking , plug , … favorisant les effractions muqueuses au niveau rectal et anal.

Dans ce cadre, il est recommandé d’employer un matériel à usage unique et de ne pas partager les seringues et pailles utilisées pour l’utilisation des drogues.


 

La publication propose aussi un rappel diagnostique.