Pneumothorax spontané : la prise en charge ambulatoire reste rare

  • Kepka S & al.
  • BMC Emerg Med
  • 11 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude rétrospective française, bien que la plupart des patients présentant un pneumothorax spontané (PS) admis aux urgences n’ont pas de signe de gravité, la prise en charge en ambulatoire reste minoritaire et plus volontiers orientée vers une intervention avec un recours fréquent au drainage thoracique.

  • L’option ambulatoire a été décrite comme prometteuse pour réduire la durée de séjour dans l’établissement et limiter l’embolisation des services d’urgence. Elle reste apparemment encore peu envisagée en France. Parmi les possibles explications, on compte probablement les incertitudes concernant la formalisation du suivi des patients après pose d’un drainage pleural de petit calibre (minidrains en queue de cochon) aux urgences.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le drainage thoracique et l’aspiration bénéficient du même niveau de recommandation dans la prise en charge du PS. En conséquence, l’analyse des pratiques est intéressante à mener afin de mieux connaître les pratiques en routine. Elle l’est d’autant plus en services d’urgence car elle permet de savoir si la prise en charge en ambulatoire, qui apparaît intéressante dans les études publiées, s’implante en conditions de vie réelle.

Résultats

  • Cette étude rétrospective a regroupé tous les cas adultes de PS reçus aux urgences de 14 services hospitaliers d’urgence français entre juin 2009 et mai 2013, soit 1.868 patients, dont 82% de PS primaires et 18% de PS secondaires.

  • Les patients présentant un PS secondaire présentaient plus souvent une dyspnée (72,6 vs 41,8%) ou une hypoxie (SpO2

  • Sur l’ensemble de la cohorte, 53% ont bénéficié d’une simple observation (pas d’intervention), et 47% d’une intervention (aspiration, drainage thoracique, chirurgie). La technique la plus fréquemment utilisée était le drainage thoracique (76% des interventions), réalisée la plupart du temps par l’urgentiste (71% des actes). L’aspiration était la deuxième approche la plus pratiquée (20% des interventions).

  • Parmi ceux n’ayant pas eu d’intervention, 19% n’ont pas été hospitalisés. Parmi ceux ayant bénéficié d’une intervention, seuls 1% n’ont pas été hospitalisés : cela concernait notamment 3% de ceux ayant bénéficié d’une aspiration aux urgences. Au total, la prise en charge ambulatoire a concerné respectivement 10% et 2% des PS primaires et secondaires.

Principales limitations

  • Étude rétrospective ayant pu souffrir de biais de recrutement au niveau des centres participants.

  • Le volume du pneumothorax n’était pas rapportée.