Pneumothorax spontané du nouveau-né à terme : exsufflation ou drainage pleural, sinon rien

  • Dr Jean-Marc Retbi

  • JIM Actualités médicales
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Le pneumothorax spontané du nouveau-né à terme a une tolérance cardiorespiratoire variable selon son abondance, ce qui fait que la conduite à tenir peut aller de l'expectative à l'exsufflation et au drainage pleural. Dans les formes où il n'existe qu'une tachypnée avec ou sans désaturation, une oxygénothérapie avec une FiO2 = 1 est classiquement conseillée. Le washout de l'azote dans le sang hâterait la résorption du pneumothorax en augmentant le gradient de pression entre les gaz du sang capillaire et l'air intrapleural. Cependant, cette méthode entraîne une hyperoxie et son efficacité clinique n'est pas démontrée.

De 2008 à 2011, 45 nouveau-nés de plus de 35 semaines ont été admis avant H12 dans une unité de néonatologie pour un pneumothorax de petite à moyenne abondance sur la radiographie du thorax. Ils n'avaient pas eu besoin d'être réanimés à la naissance et ils sont restés en ventilation spontanée, sans exsufflation ni drainage, pendant le séjour. Au choix des pédiatres, 19 ont reçu de l'oxygène pur et 26 ont reçu de l'oxygène à minima, juste de façon à maintenir la SaO2 entre 92 et 95 %.

Les deux groupes avaient un terme voisin de 39 semaines et se trouvaient dans un état rassurant le premier jour de vie (scores médians du SNAPPE II = 0).

Par comparaison avec le groupe traité avec de l'oxygène pur, le groupe oxygéné à minima a été oxygéné moins longtemps (durée médiane : 7 h versus 21,3 h, p

Son exposition moindre à l'oxygène n'a pas empêché le groupe oxygéné à minima d'évoluer au moins aussi bien que celui traité avec de l'oxygène pur. Ses membres ont pu s'alimenter per os en totalité et être déperfusés plus tôt (durée de perfusion moyenne : 31,3 ± 18,8 h vs 48,6 ± 29,9 h, p = 0,03). La durée de séjour moyenne a été d'environ 4 jours pour les deux groupes.

Au total, il y a une discordance entre la physiologie et la clinique. Les pneumothorax spontanés de petite et moyenne abondance traités avec de l'oxygène pur pour obtenir un washout de l'azote sanguin ne semblent pas s'être résorbés plus vite que ceux oxygénés en fonction de la SaO2. Les critères d'arrêt du supplément d'oxygène n'étaient pas les mêmes dans les deux groupes : eupnée et/ou radio du thorax normale pour les premiers, SaO2 ≥ 92 % en air pour les seconds ; néanmoins, pour arriver au même résultat final, la résorption du pneumothorax, les enfants oxygénés à minima ont été moins exposés à la toxicité de l'oxygène, même s'agissant de nouveau-nés à terme.

Du point de vue de l'innocuité et de l'efficacité, la suroxygénation d'un pneumothorax spontané sans retentissement cardiorespiratoire important ne semble pas justifiée. Les pneumothorax mal tolérés doivent être exsufflés à l'aiguille ou drainés.