Pneumonie : l’essentiel du mois de décembre 2016


  • Monthly Essentials
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Les trois études essentielles de ce mois-ci sur la pneumonie, sélectionnées parmi 195 études évaluées par des pairs

1. La surutilisation d’antibiotiques est associée aux pathogènes à résistance polymédicamenteuse, d’où l’importance d’autres approches visant à prévenir la PVA. Les soins de santé bucco-dentaire réduisent le risque de PVA chez les patients gravement malades, mais ne permettent pas de réduire la mortalité. Consulter ci-dessous notre résumé synthétique de l’article tiré de Cochrane Database Syst Rev.

2. Le débat continue de faire rage sur la question de savoir quelle est la meilleure voie d’administration des antibiotiques. Dans cette étude, des antibiotiques par voie intraveineuse se sont révélés aussi efficaces que par voie orale, mais ont été associés à des taux plus élevés de complications, de réactions indésirables aux médicaments, à de nouvelles visites au service des urgences et à des réhospitalisations. Consulter ci-dessous notre résumé synthétique de l’article tiré de la revue Pediatrics.

3. Les benzodiazépines et le zopiclone ont été associés à une augmentation des cas de pneumonie et des décès associés au syndrome pseudogrippal. Consulter ci-dessous notre résumé synthétique de l’article tiré de la revue Pharmacoepidemiol Drug Saf.

 

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1

Pneumonie sous ventilation assistée : nouvelle revue Cochrane sur les soins bucco-dentaires  
 

 

Source : Cochrane Database Syst Rev

À retenir

  • Les soins de santé bucco-dentaire (SSBD) réduisent le risque de pneumonie sous ventilation assistée (PVA) chez les patients gravement malades ; il n’existe toutefois aucune donnée probante attestant d’une réduction de la mortalité ou de la durée de la ventilation artificielle ou du séjour en unité de soins intensifs.

‬Principaux résultats

  • 38 essais contrôlés randomisés.
  • 6 016 participants.
  • La plupart des participants étaient des adultes, mais trois études ont porté sur des enfants et une sur des nouveau-nés.
  • – Données probantes de haute qualité selon lesquelles la chlorhexidine (CHX) réduit le risque de PVA de 25 à 19 % (P = 0,002).
  • Aucune donnée probante indiquant de différence entre la CHX et un placebo/les soins habituels concernant :
  • – la mortalité ;
  • – la durée de la ventilation artificielle ; et
  • – la durée du séjour en unité de soins intensifs.
  • Données probantes insuffisantes de l’effet de la CHX sur :
  • – la durée du traitement par antibiotiques systémiques ;
  • – les indices de la santé bucco-dentaire ;
  • – les préférences des soignants ; et
  • – le coût.
  • Données probantes insuffisantes de l’effet :
  • – de se brosser les dents (± antiseptiques), par rapport à l’absence de brossage ; et
  • – de l’utilisation d’une brosse à dents électrique, par rapport à une brosse à dents manuelle.
  • Données probantes de faible qualité selon lesquelles :
  • – le rince-bouche à base de povidone iodée est plus efficace qu’une solution saline/un placebo ;
  • – se rincer la bouche avec une solution saline est plus efficace qu’utiliser des tiges dont l’embout est imprégné de solution saline.

Conception de l’étude

  • Revue et méta-analyse Cochrane.
  • Financement : aucun.

Pourquoi est-ce important ?

  • La surutilisation d’antibiotiques est associée aux pathogènes à résistance polymédicamenteuse, d’où l’importance d’autres approches visant à prévenir la PVA.

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2

Pneumonie compliquée : les enfants se portent mieux avec des antibiotiques administrés par voie orale après leur sortie d’hôpital

Source : Pediatrics

À retenir

  • Des antibiotiques par voie intraveineuse se sont révélés aussi efficaces que des antibiotiques par voie orale, mais ont été associés à des taux plus élevés de complications, de réactions indésirables aux médicaments, de nouvelles visites au service des urgences et de réhospitalisations.

Principaux résultats

  • 2 123 enfants répartis dans 36 hôpitaux.
  • 13,2 % des enfants ont reçu des antibiotiques par cathéter veineux central inséré par voie périphérique (CVCIVP) après leur sortie d’hôpital.
  • Les échecs de traitement n’ont pas différé de manière significative entre les groupes recevant les antibiotiques administrés par CVCIVP et par voie orale.
  • Dans une analyse appariée, le groupe recevant des antibiotiques par CVCIVP a présenté, par rapport au groupe recevant des antibiotiques par voie orale, des taux de réactions indésirables aux médicaments nettement plus élevés (RC : 19,1 ; P 

Conception de l’étude

  • Étude de cohorte rétrospective multicentrique.
  • Système d’informations médicales sur les patients pédiatriques (Pediatric Health Information System) et données issues de dossiers médicaux.
  • Enfants âgés de 2 mois ou plus et de moins de 18 ans présentant une pneumonie compliquée à leur sortie d’hôpital.
  • Comparaison entre antibiotiques administrés par voie orale ou par CVCIVP après leur sortie d’hôpital.
  • Score d’appariement et de propension.
  • Financement : Institut de recherche sur les résultats de santé axé sur les patients (Patient-Centered Outcomes Research Institute).

Pourquoi est-ce important ?

  • Dans le débat portant sur la voie d’administration des antibiotiques à utiliser, les directives nationales soulignent le manque de données et font remarquer l’efficacité des antibiotiques par voie orale pour d’autres infections bactériennes graves. 

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3

Pneumonie, mortalité et syndrome pseudogrippal : le lien entre benzodiazépines et zopiclone

Source : Pharmacoepidemiol Drug Saf

À retenir

  • Les benzodiazépines et le zopiclone ont été associés à une augmentation des cas de pneumonie et des décès associés au syndrome pseudogrippal (SPG).

Principaux résultats

  • 804 051 patients :
  • 60 282 patients exposés aux benzodiazépines ;
  • 25 578 patients exposés au zopiclone.
  • Taux d’incidence pour 100 000 personnes-jours :
  • – 4,67 pour la pneumonie liée au SPG ;
  • – 2,96 pour les décès liés au SPG ;
  • RR en cas d’exposition à une benzodiazépine, quelle qu’elle soit, par rapport à l’absence d’exposition :
  • – 1,35 pour la pneumonie liée au SPG ;
  • – 1,63 pour les décès liés au SPG (multiplication par 20 en cas d’utilisation actuelle)
  • Risque accru observé avec :
  • – la classe des benzodiazépines ou des benzodiazépines individuelles ;
  • – une utilisation à court terme et à long terme ;
  • Le zopiclone a été associé à :
  • – un risque accru de décès liés au SPG (RR : 1,48 en cas d’utilisation, quelle qu’elle soit ; RR : 10,86 en cas d’utilisation actuelle) ;
  • – mais n’a pas été associé à la pneumonie liée au SPG.

Conception de l’étude

  • Étude de cohorte rétrospective.
  • Données provenant de la base de données Clinical Practice Research Datalink.
  • Patients présentant un SPG (2005–2011).
  • Exposition :
  • – benzodiazépines individuelles ou classe des benzodiazépines ; – zopiclone.
  • La pneumonie et les décès survenant dans les 30 jours de la période de suivi ont été considérés comme potentiellement « associés au SPG ».
  • Financement : Université de Nottingham (University of Nottingham)

Pourquoi est-ce important ?

  • Les résultats suggèrent qu’une approche prudente est de mise s’agissant de la prescription de benzodiazépines et du zopiclone chez les personnes courant un risque accru de pneumonie ou de mortalité.

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