Pneumonie aiguë communautaire : stratégies de raccourcissement de l’antibiothérapie

  • Philippot Q & al.
  • Rev Mal Respir
  • 26 déc. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Un quart des prescriptions ambulatoires d’antibiotiques sont liées à une infection respiratoire basse. Étant donné l’impact écologique et économique de ces prescriptions, en partie évitables, les approches visant à réduire la durée de l’antibiothérapie ont fait l’objet de différentes études, développements et recommandations. Une revue parue dans la Revue des Maladies Respiratoires en dresse une synthèse.

Les recommandations françaises de 2010 préconisent une durée d’antibiothérapie de 7 à 14 jours dans la prise en charge des pneumonies aiguës communautaires (PAC), les recommandations européennes publiées l’année suivante préconisant une durée maximale de 8 jours en cas de réponse clinique satisfaisante. Pour autant, la littérature rapporte que l’adhésion des cliniciens à ces textes est insuffisante. Les données disponibles, notamment en France, suggèrent pourtant que la réduction de la durée de l’antibiothérapie réduit le portage et le développement de souches résistantes, et limite le risque de récidive liée à un pathogène résistant. Des bénéfices ont aussi été décrits sur le plan de la tolérance et sur le volet économique.  Les aides à la décision sont, dans ce contexte, très importantes à développer.

Dosage de la procalcitonine

Le rôle du dosage de la procalcitonine est étudié depuis plusieurs années, et a été confirmé comme permettant d’améliorer la distinction entre les infections bactériennes et les infections virales, ainsi que les causes non infectieuses. Dans les études contrôlées randomisées ayant comparé le pronostic lié à son utilisation par rapport à celui d’un groupe pris en charge classiquement, la réduction de la durée de l’antibiothérapie dans les infections des voies aériennes était possible dans 15 à 50% des cas selon l’étude et la réitération du dosage au cours du suivi. L’évolution et les taux de mortalité observés au cours du suivi étaient comparables. La valeur et la cinétique de la procalcitonine permettrait de déterminer les contextes dans lesquels la durée de l’antibiothérapie peut être limitée à 7 jours.

Arrêt précoce de l’antibiothérapie

L’arrêt précoce de l’antibiothérapie sur la base de la clinique dispose de données moins solides mais suggère, si elles sont confirmées, qu’un arrêt après 3 à 5 jours pourrait être envisageable, sous réserve d’une évolution clinique initiale favorable. Les données de l’étude française Pneumonie Traitement Court sur le sujet sont attendus. L’épargne antibiotique, l’amélioration des effets secondaires et de l’observance thérapeutique, qui ont été rapportées, sans échec thérapeutique associé, devront être confirmées.

Apport des mPCR

Enfin, les perspectives apportées par les mPCR ( multiplex Polymerase Chain Reaction ) sont importantes : leur développement permet de couvrir un panel toujours plus large de virus respiratoires et de bactéries intracellulaires (Legionella, Chlamydophila, Mycoplasma), favorable à une meilleure documentation de l’infection et, ainsi, d’améliorer la justification de la prescription ou envisager une désescalade antibiotique précoce.