Pneumocoques : les infections liées aux sérotypes non vaccinaux augmentent en France

  • Ouldali N & al.
  • Lancet Infect Dis
  • 10 août 2020

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Messages principaux

  • L’introduction du premier vaccin antipneumococcique 13-valent en France en 2010, a permis de réduire progressivement les chiffres des infections invasives à pneumocoques, mais certains sérotypes non vaccinaux se sont progressivement développés. La cinétique observée - diminution puis progression (2015-2017) - concerne les âges extrêmes de la vie, et les formes neurologiques comme les formes non neurologiques. Il est possible que le développement d’un vaccin ciblant les valences émergentes soit nécessaire si ces chiffres sont confirmés sur les années suivantes.

 

Depuis 2001, date de la commercialisation du premier vaccin antipneumococcique (PCV7) en France, les chiffres des infections invasives à pneumocoque ont évolué en France. À la fin des années 2000, le développement d’infections à sérotypes non vaccinaux a nécessité l’évolution d’un vaccin conjugué heptavalent à un vaccin tridécavalent (PCV13). Les données recensées depuis permettent d’évaluer le bénéfice à long terme de ces vaccins les plus récents.

L’analyse a été réalisée à partir des données 2001-2017 du réseau national Epibac qui répertorie les infections bactériennes sévères en France à partir des déclarations de 250 laboratoires hospitaliers. Les données ont été analysées sur 5 périodes : (1) janvier 2001- décembre 2002 (commercialisation du PCV7 sans remboursement), (2) juin 2003- mai 2005, recommandation et remboursement du PCV7 pour les patients à risque, (3) juin 2006 - mai 2010 généralisation de la recommandation et du remboursement, (4) juin 2011 - décembre 2014, début de la commercialisation du PCV13, (5) janvier 2015 -décembre 2017, poursuite de cette vaccination.

Au total, sur l’ensemble de ces périodes, 75.903 cas d’infections pneumococcique invasive ont été recensés, dont 4.302 (5,7%) chez des enfants de moins de 2 ans et 37.534 (49,4%) chez des sujets de 65 ans ou plus.

Durant la première période, l'incidence mensuelle estimée des infections pneumococciques invasives était de 0,78 cas pour 100.000 habitants et est restée stable jusqu’à l’introduction du PCV13. L'incidence des infections a alors diminué (-1,5%/mois en moyenne), jusqu’à 0,52/100.000 habitants en fin de période (4), et plus volontiers concernant les infections à pneumocoques hors méningite. Sur la dernière période, les chiffres sont repartis à la hausse et ont fini à 0,73/100.000 habitants en décembre 2017 (+1,8%/mois sur la période) et a aussi bien concerné les infections invasives de type méningite que les autres.

L’augmentation sur cette dernière période a aussi bien été observée chez les enfants de moins de 2 ans (de 0,93 à 1,73/100.000) que les sujets de plus de 65 ans (de 1,54 à 2,08 cas/100.000).

Les principaux sérotypes non-PCV13 impliqués dans cette tendance la plus récente sont les sérotypes 24F, 12F, 22F, 8, 9N, 15A, 10A et 15B/C, qui représentant au total 42% de tous les cas sur la période (5), leur augmentation progressive étant significative depuis la période (3). Chez les enfants, le principal sérotype émergent était le 24F, tandis que les autres ont plus volontiers progressé chez les sujets de 65 ans ou plus. Sur cette dernière période, la proportion des souches non sensibles à la pénicilline a progressé tandis celles non sensibles au céfotaxime ont baissé lors de la commercialisation du PCV13 et sont restés faiblement représentés depuis.