Plus qu'une épidémie de cancers de la thyroïde, une épidémie de diagnostics...

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Après avoir publié une étude récente sur l'augmentation du nombre de cancers de la thyroïde dépistés (principalement des cancers papillaires de petite taille), alors que le nombre de décès liés à cette pathologie reste stable, L Davies et H G Welch. ont émis l'hypothèse de surdiagnostics.

Pour la vérifier, ils ont repris les relevés épidémiologiques (SEER) de plusieurs grands états américains sur une période allant de 1975 à 2009, pour examiner la fréquence de ce diagnostic chez les personnes de plus de 18 ans, le type histologique des tumeurs, leur taille et le taux de mortalité.

Depuis 1975, la fréquence de ce cancer a quasiment triplé, passant de 4,9 à 14,3 pour100 000 individus avec un taux de cancers papillaires passant de 3,4 à 12,5 pour 100 000. Chez la femme, l'incidence est passée de 6,5 à 21,4pour 100 000 femmes et est désormais 4 fois plus élevée que chez les hommes (de 3,1 à 6,9 pour 100 000). Le taux de mortalité lui, est resté stable pendant la période analysée (0,5 décès pour 100 000). Pour autant les femmes présentent à l'autopsie moins de cancers de la thyroïde que les hommes, alors que ce diagnostic est posé chez elles trois fois plus souvent…

Une des limites de cette étude est qu'il n'a pu être précisé comment on en est arrivé à tant de sur- diagnostics, si ce n'est que leur taux est plus élevé chez les sujets très médicalisés.
Les auteurs évoq...