Plan Personnalisé de Soins : l’outil de coordination des Paerpa est-il vraiment efficace ?


  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

En 2014, l’expérimentation des Parcours santé des aînés (Paerpa) était initiée dans 9 territoires français. Le Plan Personnalisé de Soins (PPS) est l’outil de coordination du Paerpa dont l’Irdes vient de dresser un bilan en comparant le parcours antérieur et postérieur au PPS des sujets âgés en ayant bénéficié à celui de sujets contrôles de profil voisin.

Ainsi, il est apparu que les sujets ayant bénéficié du PPS étaient plus souvent atteints de maladies chroniques et avaient plus souvent été hospitalisés dans les mois précédents. À la suite de la mise en place du PPS, les dépenses infirmières ont augmenté, à l’inverse des dépenses d’autres soins (consultations généralistes, médicaments). Cependant, des indicateurs déterminants, comme la polymédication, les hospitalisations évitables ou le recours aux urgences n’ont pas semblé évoluer significativement. Les auteurs posent l’hypothèse que, si le PPS semble permettre une meilleure prise en charge au domicile, ses objectifs seraient plus facilement atteints s’il intégrait « des passerelles plus formalisées avec les médecins spécialistes et les acteurs hospitaliers ».

Les vertus attendues du Paerpa et du PPS

L’objectif du dispositif Paerpa est d’améliorer la qualité de la prise en charge et la qualité de vie des personnes de 75 ans et plus à leur domicile via une démarche partagée par le médecin traitant et au moins un autre professionnel de santé (infirmier, pharmacien, kinésithérapeute), et de réduire la perte d’autonomie et la polymédication. Le PPS est prescrit par le médecin traitant et il dresse notamment la liste des actions sanitaires, sociales et médico-sociales à mettre en place, ainsi que la liste de tous les contacts et professionnels qui y sont impliqués. Il bénéficie de l’appui des acteurs sociaux (Coordination territoriale d’appui).

Analyse des données issues de la DCIR

L’étude a ainsi été menée à partir des données de consommation inter-régime de l’Assurance Maladie (DCIR) entre 2013 et 2017. Les personnes ayant bénéficié d’un PPS (n=4.013) ont été identifiées parmi les 187.635 personnes de 75 ans et plus issues des 9 territoires. Parmi celles non bénéficiaires de PPS, à T0, une population de profil de santé et de consommation de soins similaires issue du même territoire a été identifiée à T0 . Ces deux populations ont été appariées par score de propension.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

  • Les sujets en PPS étaient en moyenne âgés de 84 ans contre 82 ans pour les autres. Ils étaient plus souvent en ALD (cardiovasculaire, neurologie, psychiatrie, maladies métaboliques) et avaient plus souvent été hospitalisés dans les 2 années précédentes (77% vs 57%).
  • Chez les patients en ayant bénéficié, la mise en place du PPS était précédée par un pic de consommation de soins dans le trimestre précédent (notamment hospitalisation) et dans le trimestre précédent (soins ambulatoires), au contraire des sujets témoins.
  • Suite au PPS, une hausse significative des dépenses de services et soins infirmiers est observée (+29%), au contraire des dépenses d’omnipraticiens et de pharmacie (-10 % et -13% respectivement), et des dépenses de médicaments (-5%).
  • Les indicateurs de mortalité, d’hospitalisations non programmées, de recours aux urgences non suivis d’hospitalisation et de polymédication n’étaient pas différents à 1 et à 2 ans après l’entrée en Paerpa.
  • Cette analyse était limitée par l’absence de données sociales dans les bases de données médico-administratives utilisées.