Place des polypilules en prévention cardiovasculaire primaire

  • Chow CK & al.
  • Nat Rev Cardiol
  • 1 oct. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Si les associations fixes combinant une statine, l’aspirine et un bêtabloquant ont été décrites comme présentant un intérêt en prévention cardiovasculaire secondaire, leur place reste moins évidente en prévention primaire. Une revue parue dans Nature Reviews Cardiology faut le point sur la question. Elle rappelle que les données semblent suffisantes pour soutenir l’intérêt des polypilules de deux anti-hypertenseurs en prévention primaire, les données concernant les associations fixes comprenant 3 ou 4 molécules à faible dose restent à être complétées. Celles qui associent les anti-hypertenseurs à d’autres classes thérapeutiques disposent d’un niveau de preuve encore limité en prévention primaire.

Polypilules en prévention cardiovasculaire primaire

En 2003, une étude a décrit la capacité d’une polypilule associant une statine, 3 antihypertenseurs à dose standard, l’aspirine et l’acide folique à réduire largement la fréquence des évènements cardiovasculaires chez les plus de 55 ans. Mais depuis, plusieurs publications ont écarté l’utilité de l’aspirine et de l’acide folique en prévention primaire.

Une revue Cochrane parue en 2017 n’a pas mis en évidence de différence significative entre les associations fixes de statines, aspirine et antihypertenseurs et le placebo concernant la mortalité toute cause ou le nombre d’évènements aigus liés à l’athérosclérose ; cependant, il s’agissait d’études de petites tailles, dont la puissance était limitée.

Parallèlement, les études ayant évalué ces polypilules chez des sujets à haut risque ont décrit un bénéfice du traitement sur le contrôle des facteurs de risque et d’adhésion au traitement, mais les données à long terme montrant un bénéfice sur le taux d’évènements cardiovasculaires manquent encore.

Les différentes enquêtes conduites auprès des praticiens ont pu décrire les réticences à médicaliser la prévention primaire, l’incapacité à personnaliser le traitement et les craintes concernant les risques rapportés à ses bénéfices. Ceci est notamment vrai concernant l’aspirine, pour laquelle ce rapport n’est pas favorable en prévention primaire.

In fine , il n’existe pas d’essai clinique ayant décrit l’intérêt de ces polypilules en prévention primaire auprès d’une cohorte large, même si certains sont en cours et devraient délivrer prochainement leurs enseignements.

Polypilules en traitement de l’hypertension artérielle

Plusieurs publications ont montré que l’association libre de deux antihypertenseurs à faible dose offre une baisse de la pression artérielle comparable à celle apportée par chacun des deux traitements à dose standard pris en monothérapie. Par ailleurs, des études observationnelles ont montré que les associations fixes d’antihypertenseurs offrent un meilleur contrôle de l’hypertension artérielle (HTA) que les associations libres ou les monothérapies.

La tolérance des associations libres d'antihypertenseurs à faible dose semble équivalente à celle des monothérapies correspondantes menées à dose standard.

Enfin, les essais qui ont été menés à partir d’associations fixes d’antihypertenseurs décrivent une diminution de la pression artérielle supérieure à celle apportée par le traitement antihypertenseur habituel. Il semble que la tolérance de ces traitements soit bonne, potentiellement supérieure à celle des associations libres, mais les données restent encore insuffisantes pour conclure avec certitude sur le sujet.