Place des apnées dans la mort subite épileptique

  • Vilella L & al.
  • Front Neurol
  • 1 janv. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude multicentrique a permis de mieux détailler l’incidence et les facteurs de risque d’apnées centrales ictales (ACI) et post-convulsives (ACPC) associées aux crises d’épilepsie. En effet, les troubles respiratoires sont suspectés de constituer des facteurs de risque de mort subite inattendue et inexpliquée en épilepsie (MSIE ou SUDEP en anglais).

Si un certain nombre de constats rejoignent les données de la littérature et confortent les connaissances relatives aux SUDEP, il apparaît ici que les ACI seraient deux fois plus fréquentes que les ACPC et surviendraient plutôt en cas de crises durant le sommeil, ce dernier semblant ainsi constituer une période de vulnérabilité face aux troubles respiratoires.

Les auteurs posent l’hypothèse que ACI et ACPC n’auraient pas la même signification physiopathologique, les premières constituant un phénomène sémiologique secondaire à la décharge électrique, les secondes semblant plus volontiers liée à un phénomène réactionnel indépendant de la nature de la crise.

Contexte de l’étude

Les SUDEP constituent un sous-groupe rare de décès d’origine inexpliquée chez les sujets épileptiques, dont la compréhension reste encore incomplètement élucidée.

Méthodologie

Cette étude a inclus des patients devant avoir au moins 18 ans et présentant une épilepsie ne répondant pas à au moins deux médicaments anti-épileptiques. Ils ont suivi plusieurs examens (dont EEG-vidéo, oxymétrie, pléthysmographie,…). L’objectif était de qualifier les caractéristiques des évènements apnéiques survenant au cours ou à l’issue des crises.

Principaux résultats

  • Au total, 218 patients ont été inclus dans cette étude, dont 130 femmes, avec une moyenne d’âge de 40,2 ans et une ancienneté de l’épilepsie de 16,6 ans, diagnostiquée à 23,5 ans en moyenne. Un total de 558 crises d’épilepsie a pu être analysé, dont 10,8% étaient des crises généralisées (survenant chez 15,1% des patients) et 42,8% étaient survenues pendant le sommeil.

  • Toutes les ACI ont été observées chez des sujets présentant une épilepsie focale. Au total, 36,9% des crises et 43,2% des patients ont présenté des ACI, sans différence statistiques entre les crises convulsives ou non convulsives. Ces apnées précédaient les signaux EEG de l’épilepsie d’environ 9 secondes en moyenne dans près d’une convulsion sur deux (47,2% des cas) et y succédaient en moyenne de 25,8 secondes dans 41,1% des cas. Par ailleurs, les ACI représentaient la seule manifestation dans 7,8% des cas. Selon une analyse multivariée, l’état de sommeil (vs veille) et la nature temporale (vs extra-temporale) de l’épilepsie étaient associés à l’ACI.

  • Les apnées centrales post-convulsives (ACPC) ont été observées dans 18% des crises généralisées et chez 22,4% des patients. Elles étaient plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes et survenaient plus souvent dans les formes généralisées d’épilepsie par rapport aux formes focales, parmi lesquelles on comptaient plus souvent des formes extratemporales que temporales. Enfin, la durée de l’ACI semblait associée à la présence d’une ACPC alors que l’absence d’une suppression des signaux EEG d’épilepsie était associée à l’absence d’ACPC.

  • Deux cas de quasi-SUDEP ont été décrits dans cette étude et ont permis d’étoffer les données observées et les interprétations qui en ont été réalisées dans l’ensemble de la cohorte.