Place de la transfusion de plasma durant le transport médicalisé aérien

  • Sperry JL & al.
  • N Engl J Med
  • 26 juil. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Chez les sujets blessés et à risque de choc hémorragique, les résultats d’une étude pragmatique de supériorité montrent que l’administration pré-hospitalière de plasma congelé diminue significativement le risque de mortalité à 30 jours et réduit le taux de prothrombine médian par rapport à des soins standards de réanimation, tout en étant significativement plus sûre.  

Pourquoi est-ce important ?

La « réanimation par contrôle des dommages » est une approche qui consiste à réduire les complications potentielles dans l’environnement pré-hospitalier, en intervenant notamment sur le risque hémorragique précocement, avant le développement d’une coagulopathie ou un choc irréversible. Cette étude apporte des données dans un domaine où il en existe peu émanant d’essais de bonne qualité méthodologique.

Méthodologie

L’étude PAMPer (Prehospital Air Medical Plasma) est un essai de supériorité, pragmatique multicentrique de phase 3, comparant chez des patients blessés et à risque de choc hémorragique, l’efficacité et l’innocuité de l’utilisation de plasma décongelé en administration pré-hospitalière à des soins de réanimation standards lors d’un transport médicalisé aérien. Les patients devaient présenter au moins un épisode d’hypotension (PAS 108 battements/minutes) ou une hypotension sévère (PAS

Principaux résultats

Sur un total de 501 patients évalués, 230 ont reçu du plasma et 271 des soins de réanimation standards. 

72,7% des sujets évalués étaient des hommes et la plupart des blessures étaient causées par un traumatisme contondant. Le score médian de gravité de la blessure était de 22 (un score >15 indiquant un traumatisme majeur). 

La mortalité à 30 jours (critère principal de jugement) était significativement inférieure dans le groupe ayant reçu du plasma que dans le groupe pris en charge par des soins de réanimation standards (23,2% vs 33,0%, soit une différence de -9,8% [-18,6 à -1,0%], p=0,03). Ainsi, le risque de décès à 30 jours était 39% plus faible dans le groupe ayant reçu du plasma par rapport au groupe ayant reçu les soins standards (odes ratio ajusté 0,61 [0,40-0,91], p=0,02). 

Une efficacité similaire a été observée à travers les neufs sous-groupes de patients spécifiés et basés sur les données suivantes : importance de la transfusion de concentrés de globules rouges, délai de la transfusion, lieu de la transfusion, présence d’un traumatisme cérébral sévère, d’antécédent de traitement par anti-vitamine K ou antiplaquettaire, type de blessure et temps de transport pré-hospitalier.

Les analyses par courbes de Kaplan-Meier ont indiqué une séparation précoce entre les deux groupes de traitement dès la 3heure après la randomisation, qui persistait jusqu’à 30 jours après la randomisation.

Le taux médian de prothrombine après l’arrivée des patients au centre de traumatologie, était inférieur dans le groupe ayant bénéficié du plasma que dans le groupe ayant reçu les soins standards.

Aucune différence significative concernant une atteinte multi-organique, un syndrome de détresse respiratoire, une infection nosocomiale, une allergie ou toute autre réaction liée à la transfusion n’a été notée entre les deux groupes. 

Financement

Étude financée par le service médical des armées des Etats-Unis.