Pipi au lit : ne pas hésiter à proposer la neurostimulation aux enfants

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L'énurésie nocturne primaire est un symptôme d'incontinence qui touche les enfants de 5 ans ou plus sans antécédents de propreté de plus de 6 mois. Malgré la diversité des traitements disponibles, une proportion notable d'enfants ne répondent pas ou rechutent. Les alternatives thérapeutiques sont donc nécessaires. La neurostimulation a été décrite comme pouvant améliorer les troubles urinaires du bas appareil, mais les données concernant les patients souffrant d'énurésie primaire sont contradictoires. Une méta-analyse vient de paraître pour faire le point sur le bénéfice apporté par cette approche.

Méthodologie

  • Une recherche bibliographique a été conduite sur Pubmed, Scopus, Embase, Cochrane library et Wiley Online Library afin d'identifier les études consacrées à l'effet de la neurostimulation chez des enfants atteints d'énurésie nocturne primaire, publiées avant août 2016. Seules les études cliniques randomisées ont été sélectionnées.

  • La réponse au traitement a été évaluée à partir de la survenue d'une énurésie nocturne et catégorisée comme réponse partielle (RP), complète (RC) ou réponse totale lorsque le taux de patients ayant répondu était de 50-89%, ≥90% et 100% respectivement.

Résultats

  • Au total, 7 études ont pu être incluses dans la méta-analyse. Elles avaient regroupé un total de 292 sujets, dont 174 traités par neurostimulation.

  • Le risque relatif (RR) de présenter une baisse d'au moins 50% des nuits avec énurésie a été de 2,20 [1,66-2,90] après neurostimulation versus le traitement contrôle. Le RR associé à un résultat d'au moins 90% a été de 2,79 [1,54-5,06].

  • Une différence moyenne significative a été relevée concernant le nombre de nuits avec incident par semaine versus le groupe de référence (différence moyenne -1,95 [-2,84 à -1,07]).

  • Aucun évènement indésirable sérieux n'ont pas été rapportés concernant le traitement par neurostimulation.

  • L'hétérogénéité des études utilisées était faible.

Limitations

Le nombre de patients traités dans les études incluses était relativement faible.

À retenir

Selon cette méta-analyse, la neurostimulation est efficace pour réduire la fréquence des incidents nocturnes chez les enfants souffrant d'énurésie primaire nocturne. Cette approche permettrait d'abaisser de 2 le nombre hebdomadaire de nuits avec énurésie nocturne. Le mécanisme précis de son efficacité reste à préciser. De nouvelles études randomisées consacrées comparant différents dispositifs ou protocoles de neurostimulation seraient désormais nécessaires.