PIONEER 4 : agoniste GLP-1 oral ou sous-cutané ?

  • Pratley R & al.
  • Lancet
  • 7 juin 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Après 26 semaines de traitement chez des patients ayant un diabète de type 2 (DT2) insuffisamment contrôlé par metformine avec ou sans inhibiteur des SGLT2, le semaglutide par voie orale (VO) en une dose quotidienne s’est montré non-inférieur au liraglutide en une injection sous-cutanée (SC) quotidienne et supérieur au placebo.

Sur le critère poids, le semaglutide VO était supérieur au liraglutide SC et au placebo à 26 semaines. La confirmation d’une différence significative à 52 semaines entre le semaglutide VO, le liraglutide SC et le placebo sur l’HbA1c et le poids montre un bénéfice à long terme de ce traitement. Même si les effets indésirables étaient légèrement plus fréquents avec le sémaglutide VO qu’avec le liraglutide SC, la sécurité d’emploi et la tolérance de l’agoniste GLP1 sous forme orale étaient comparables aux données disponibles pour le liraglutide SC et des autres agonistes GLP1.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

L’étude PIONEER 4 est la première à comparer l’efficacité et la tolérance d’un agoniste GLP1 sous formes orale et sous-cutanée. Administrer un agoniste GLP1 sous forme orale peut permettre d’engager plus rapidement l’initiation d’un traitement de cette classe thérapeutique chez des patients souvent réticents à l’option sous-cutanée.

Méthodologie

Cet essai de phase 3a est une étude randomisée, menée en double aveugle, double placebo, ayant inclus des patients DT2 au sein de 100 centres répartis dans 12 pays. Pour être éligibles, les patients devaient avoir une HbA1c entre 7,0 et 9,5% sous un traitement stable par metformine (≥1.500 mg par jour ou le maximum toléré) associé ou non à un traitement par inhibiteur des SGLT2. Les patients ont été randomisés (2:2:1) pour recevoir chaque jour durant 52 semaines, une dose de semaglutide par voie orale (dose déterminée par palier jusqu’à 14 mg), une dose de liraglutide en sous-cutanée (jusqu’à 1,8 mg) ou un placebo.

Principaux résultats

Au total, 711 patients ont été randomisés (285 sous semaglutide VO, 284 sous liraglutide SC et 142 sous placebo). À l’inclusion, l’âge moyen était de 56 ans, la durée du diabète de 7,6 ans, l’HbA1c moyenne de 8,0% et l’IMC moyen de 33,0 kg/m2.

  • À 26 semaines, la variation moyenne d’HbA1c était de -1,2% sous semaglutide VO, -1,1% sous liraglutide SC et -0,2% sous placebo. Le semaglutide VO était non inférieur au liraglutide SC à 26 semaines (différence estimée entre les traitements (DET) -0,1% [-0,3 à 0,0], p
  • À 26 semaines, la perte de poids était supérieure sous semaglutide VO par rapport à celle sous liraglutide SC (-4,4 kg versus -3,1 kg, p=0,0003).
  • À 52 semaines, la diminution de l’HbA1c était significativement plus importante sous semaglutide VO que sous liraglutide SC ou placebo (respectivement DET -0,3% [-0,5 à -0,1], p=0,0002 et -1,0% [-1,2 à -0,8], p
  • Bien que les évènements indésirables étaient légèrement plus fréquents avec la forme orale que sous-cutanée (essentiellement gastro-intestinaux,      notamment des nausées), le profil de sécurité d’emploi et de tolérance étaient tout à fait cohérents avec de précédentes données. Deux cas de pancréatite ont été confirmés (un sous liraglutide et un sous placebo). Aucun cas d’acidose lactique n’a été rapporté.

Financements

Étude financée par Novo Nordisk