Pic épidémique en vue, restrictions maintenues

  • Véronique Hunsinger

  • Actualités Médicales par Medscape
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Paris, France – Lors de son bilan d’étape à l’issue des deux premières semaines du second confinement, le Premier ministre, Jean Castex, a confirmé jeudi soir le maintien des règles actuelles du confinement pendant au moins quinze jours encore même si le nombre de contaminations au coronavirus marque le pas faisant espérer l’atteinte d’un pic des hospitalisations d’ici le début de cette semaine.

Des progrès en termes d’organisation et de logistique à l’hôpital et en ville 

La France compte désormais plus de 42.500 décès provoqués par le COVID-19 dont 10.516 depuis la rentrée de septembre. « La pression sur notre système hospitalier s’est fortement accrue et met nos soignants dans une tension extrême, a souligné Jean Castex qui est attendu cet après-midi à Strasbourg pour une visite du CHU. Nous l’avions anticipée mais tout l’enjeu est d’y faire face. Nous voulons à tout prix éviter le drame d’une prise en charge dégradée comme nous avons pu l’observer en Italie ces derniers jours ».

Le pic des hospitalisations du mois d’avril est désormais dépassé, en revanche le nombre de patients en réanimation est moins important que lors de la première vague. « Nous avons appris davantage comment prendre en charge ces patients et nous avons fait des progrès en termes d’organisation et de logistique à l’hôpital et en ville » a expliqué le ministre de la santé, Olivier Véran citant notamment des sorties d’hospitalisations plus précoces et l’apport d’oxygène en dehors des services de réanimation. Néanmoins, 4.803 patients restent actuellement hospitalisés en réanimation, soit un taux d’occupation de 95% des capacités normales. Celles-ci peuvent monter jusqu’à 10.400 lits en cas de besoin. « Je veux dire une nouvelle fois mon admiration à nos professionnels de santé, a insisté le Premier ministre. Ils sont à l’épreuve, ils sont fatigués et ils sont remarquables de compétences, d’engagement et de solidarité. Ces soignants ne nous demandent pas d’augmenter le nombre de lits de réanimation mais de tout mettre en œuvre pour éviter que des malades arrivent à l’hôpital ».

Pour autant, l’évolution du nombre de cas quotidiens s’est ralentie depuis une semaine environ. « Si on raisonne en moyenne sur 7 jours, nous observons une baisse de l’ordre de 16%, a dit le Premier ministre. Cette évolution doit être interprétée de manière positive mais prudente, car elle traduit l’inflexion que nous espérions. Mais cette tendance est récente et donc fragile et ne peut produire de résultats que si elle se confirme dans la durée ». Le R se situerait actuellement entre 0,8 et 0,9. Le pic des hospitalisations pourrait donc être atteint en ce début de semaine, estime désormais le gouvernement.

Les règles restent inchangées pour au moins quinze jours

Le Premier ministre a également fait le point sur les mesures du confinement actuel plus léger que celui du printemps. Une forte réduction des transports a été constatée (-22% sur les transports entre le domicile et le travail par rapport à septembre, -55% de fréquentation du métro parisien et -85% des déplacements de longue distance en train). Le recours au télétravail commence à progresser : 45% des salariés du privé qui le pouvaient étaient en télétravail la semaine dernière à raison de 3,7 jours par semaine.

Partant de ces deux prémisses, le chef du gouvernement a donc estimé qu’il « serait irresponsable de lever et même d’alléger le dispositif de confinement dès maintenant ». Les règles sont donc inchangées pour au moins quinze jours. Cependant si les tendances se confirment, les commerces pourraient être autorisés à rouvrir à partir du 1er décembre, mais en aucun cas ni les restaurants, ni les bars et ni les salles de sports. Un nouvel allégement pourrait être ensuite envisagé pour les vacances de Noël même si Jean Castex a, d’ores et déjà, prévenu que les fêtes de fin d’année n’auraient pas leur caractère habituel.

Cet article a initialement été publié sur le site Medscape.