PHYS-STROKE : attention aux exercices de fitness dans les programmes de réhabilitation cardiovasculaire post-AVC

  • Nave AH & al.
  • BMJ
  • 18 sept. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude ayant évalué l’intérêt d’un programme d’exercices physiques de type fitness (exercices d’aérobic, exercices au poids du corps -type gainage- ou sur tapis roulant) par rapport à celui de sessions de relaxation dans la phase sub-aiguë d’un AVC modéré à sévère ne montrent aucune différence significative sur la vitesse maximale de marche ni sur l’autonomie (mesurée par l’indice de Barthel) entre les deux groupes.

En revanche, le suivi du programme d’activités de fitness augmentait de 81% le risque d’événements indésirables sévères par rapport au programme de relaxation. De fait, ces résultats ne permettent pas de supporter l’intérêt d’un programme de réhabilitation cardiovasculaire basé sur des exercices de fitness chez ces patients.

Pourquoi cette étude est intéressante ?

Les recommandations préconisent un entrainement cardiorespiratoire dans le cadre d’un programme de réhabilitation post-AVC. Cependant, les données probantes issues d’essais cliniques de large envergure manquent pour conforter le bénéfice de programmes spécifiques et pour identifier les risques associés à ces programmes dans un tel contexte.

Méthodologie

Cette étude allemande, multicentrique, randomisée contrôlée menée en aveugle a inclus 200 adultes souffrant d’AVC modéré à sévère (durant la phase subaiguë, c’est-à-dire 5-45 jours après l’AVC) et présentant un score NIHSS moyen de 8 (sur une échelle de 0 à 42, les valeurs les plus élevées indiquant les formes d’AVC les plus sévères). Les participants recevaient tous un traitement standard et étaient assignés soit dans un groupe exercices physiques de type fitness (n=105), soit dans un groupe relaxation (n=95).

Les sessions d’exercices ou de relaxation duraient 25 minutes chacune, et devaient être réalisées 5 fois par semaine durant 4 semaines.

Principaux résultats

Le délai médian entre l’apparition des symptômes liés à l’AVC et l’inclusion était de 28 jours. La variation moyenne de fréquence cardiaque avant-après session était de +15 battements par minute (btts/min) dans le groupe entraînement de fitness versus -2 btts/min pour le groupe relaxation. En moyenne, les participants du groupe fitness ont réalisé 16 sessions d’une durée moyenne de 21 minutes et ceux du groupe relaxation 17 sessions d’une durée moyenne de 24 minutes. La principale raison de l’arrêt du protocole était un transfert en structure de soins et la survenue d’événements indésirables graves. 

La variation de la vitesse de marche sur 10 mètres entre l’inclusion et le 3emois après l’AVC était de 0,4 m/s dans le groupe fitness et de 0,3m/s dans le groupe relaxation, sans différence significative entre les deux groupes. Et la variation moyenne de l’indice de Barthel (qui permet de mesurer les progrès accomplis dans le domaine de l’autonomie) 3 mois après l’AVC était de 30 points dans chacun des deux groupes, donc sans différence entre les deux groupes. Les résultats en per protocole aboutissaient aux mêmes conclusions.

Les sujets du groupe fitness ont eu plus d’événements indésirables graves que ceux du groupe relaxation (ratio d’incidence 1,81 [0,97-3,36]). Quatorze sujets du groupe fitness et 5 du groupe relaxation ont été hospitalisés en urgence. Une récidive d’AVC est survenue chez 8 sujets du groupe fitness et 3 du groupe relaxation. En revanche, aucun événement grave n’est survenu durant un entraînement de fitness ou une session de relaxation.

Principale limitation

La longue période de recrutement (5 à 45 jours post AVC) a pu affecter les résultats.